Indignation
générale après une photo du prince Harry déguisé en nazi
La
publication jeudi d'une photo du turbulent prince Harry déguisé
en soldat nazi a plongé la famille royale dans l'embarras
et suscité l'indignation générale, à
quelques jours de l'anniversaire de la libération du
camp d'Auschwitz.
La
photo, publiée par le tabloïde Sun, a été
prise lors d'une soirée costumée samedi sur
le thème douteux "colonialistes et indigènes".
Harry, arborant un brassard marqué d'une croix gammée,
porte une tenue beige rappelant l'uniforme de désert
de l'AfriKa Korps, les forces allemandes basées en
Libye pendant la guerre sous le commandement du maréchal
Rommel.
Dans
un communiqué, Harry a "présenté
ses excuses", concédant que "c'était
un mauvais choix de costume".
Alors
que Harry, à 20 ans, s'apprête à entrer
en mai dans la prestigieuse académie militaire de Sandhurst
qui forme l'élite de l'armée britannique, la
photo a suscité aussitôt un tollé.
"C'est
un acte honteux, témoignant d'un manque de sensibilité
pour les victimes, pas seulement pour les soldats de son propre
pays qui ont donné leur vie pour vaincre le nazisme,
mais aussi pour les victimes de l'Holocauste", a réagi
le centre Simon Wiesenthal.
"Nous
conseillons vivement au prince Harry d'accompagner la délégation
britannique qui se rendra le 27 janvier au camp de la mort
d'Auschwitz pour marquer le 60ème anniversaire de la
libération du camp", a-t-il poursuivi.
Troisième
dans l'ordre d'accession au trône après son père,
le prince Charles, et son frère William, Harry a manqué
de jugement, a estimé un ancien porte-parole de la
famille royale Dicky Arbiter.
"Il
a reçu une très bonne éducation et devrait
être intelligent. On se demande ce qui lui en est resté",
a dit M. Arbiter, jugeant que le prince avait besoin "d'une
bonne reprise en main dans l'armée."
"Il
est clair qu'une erreur a été commise, Harry
l'a reconnu", a indiqué jeudi Downing Street,
estimant préférable de laisser le palais gérer
l'affaire.
Comme
à chaque écart de conduite de Harry, critiqué
dans le passé pour sa consommation de drogues ou ses
abus de boisson, les mêmes questions reviennent dans
la presse, mettant en cause une éducation trop laxiste,
l'absence de son père et la négligence de ses
conseillers.
Cette
incartade porte un nouveau coup à la réputation
des Windsor et est une occasion pour les journaux de rappeler
les liens embarrassants de certains membres de cette famille,
d'origine allemande, avec le régime nazi.
Le
roi Edouard VIII monté brièvement sur le trône
en 1936 avant d'abdiquer pour épouser Wallis Simpson,
était un admirateur du régime nazi dans les
années 30 et avait serré la main de Hitler en
1937.
Les
Nazis considéraient le duc comme un allié et
comme un possible chef d'Etat pour la Grande-Bretagne lorsque
qu'elle aurait été vaincue, selon la presse
britannique.
Les
révélations que le père de la princesse
Michael de Kent, cousin de la reine, appartenait au parti
nazi, avaient déjà embarrassé la monarchie.
Les
parents d'Elizabeth II ont pourtant incarné pendant
la guerre la résistance farouche de leur pays au nazisme
en refusant de quitter Londres et en visitant les quartiers
bombardés par les avions allemands.
Particulièrement
mal toléré dans un pays qui est fier d'avoir
tenu tête, seul en Europe, à l'Allemagne pendant
la guerre, ce nouvel écart de conduite de Harry ruine
les efforts laborieux des conseillers pour améliorer
son image.
Les
meilleurs espoirs de la famille royale reposent désormais
sur William, qui n'a jamais fait de gaffe et s'était,
pour cette soirée fatidique, un inoffensif costume
de lion qu'il avait fabriqué lui-même.
Source
: AFP |