JO
2012: la reine prévoit la victoire de Paris
La
reine Elizabeth II a provoqué un scandale en Grande-Bretagne
en pronostiquant, selon la presse, la désignation de
Paris, aux dépens de Londres, pour organiser les jeux
Olympiques de 2012.
Selon
plusieurs quotidiens, la reine aurait tenu ces propos au cours
d'une réception privée au palais de Buckingham,
le mois dernier. Les commentaires de la monarque ont été
rapportés par l'un des invités, un travailleur
social de 19 ans, Amran Hussain.
Pour
couronner le tout, la reine aurait déclaré que,
contrairement aux Parisiens, les Britanniques ne souhaitaient
pas accueillir les Jeux.
Dans
un pays où on ne badine pas avec le patriotisme et
où la presse n'est jamais en retard pour attiser les
antagonismes avec la France, les commentaires de la reine
ont fait l'effet d'une bombe.
Pour
le Daily Mail, tabloïde cocardier par excellence, les
déclarations de la reine "pourraient porter un
coup sévère aux plans des promoteurs des Jeux
2012 à Londres".
Outre
Londres, Paris, Madrid, Moscou et New York sont candidates
à l'organisation des JO 2012. La ville organisatrice
sera désignée le 6 juillet à Singapour,
lors d'une session du Comité international olympique
(CIO).
Venant
après la publication d'une photo du prince Harry, fils
du prince Charles, déguisé en officier de l'Afrika
Korps, brassard frappé d'une swaztika au bras gauche,
cette gaffe royale a donné du travail jeudi aux attachés
de presse des Windsor.
La
monarque, âgée de 78 ans et reine depuis le 8
février 1952, est pourtant peu coutumière de
ce genre de faux-pas et était jusqu'ici plutôt
louée pour son sens aigu de la diplomatie. En un mot,
pour son "métier".
"Nous
ne faisons pas de commentaire sur des conversations privées
de la reine car elle en a évidemment des milliers chaque
année", a simplement déclaré une
porte-parole de Buckingham, Muriel Keeling, interrogée
par l'AFP. A la question de savoir si la reine soutenait la
candidature de Londres, la porte-parole a répondu:
"Oui, bien sûr. Elle a organisé une réception
l'an dernier pour les promoteurs de la candidature de Londres
et la soutient sans réserve".
Selon
Amran Hussain, qui vit à Beckton, un quartier défavorisé
de l'est de la capitale britannique où les Jeux seraient
organisés après un immense chantier estimé
à 2,4 milliards de livres (3,4 milliards d'euros),
la reine aurait déclaré: "Oh, je pense
que Paris a les meilleures chances d'être choisie"
pour accueillir les Jeux.
"Je
ne crois pas que l'opinion publique, dans ce pays, soutient
la candidature (de Londres 2012) comme les gens le font à
Paris", aurait-elle ajouté.
Interrogé
par l'AFP, le comité d'organisation de Londres 2012
n'avait toujours pas répondu jeudi en milieu de journée.
"Les
propos rapportés (par la presse) ne correspondent pas
au soutien que nous avons reçu de la reine et de la
famille royale, a toutefois indiqué au Times Mike Lee,
l'un des porte-parole des organisateurs. Ils nous ont toujours
encouragés et nous discutons de leur implication à
venir".
Le
secrétaire d'Etat aux Sports, Richard Caborn, a pour
sa part déclaré que la reine avait probablement
raison de dire, en décembre dernier, que Paris était
la favorite. Mais Londres "réduit l'écart"
et "tous les sondages montrent un soutien (populaire)
considérable".
La
bourde royale, si elle est confirmée, n'aidera pas
la cause des organisateurs londoniens, surtout auprès
des membres du CIO appartenant à des pays du Commonwealth,
dont Elizabeth II reste le chef d'Etat. La princesse Anne,
fille de la reine, participera au vote en juillet en tant
que membre britannique du CIO.
Source
: AFP |