| Un
improbable cybercafé dans les ruines de Meulaboh
Un
improbable cybercafé a vu le jour dans les ruines de
la ville indonésienne de Meulaboh, ravagée par
les raz-de-marée, alors que le réseau d'eau
et les égouts attendent eux d'être rétablis.
Ce
café internet fonctionne sans fil, directement en liaison
avec un satellite. Il a été mis en place par
l'ONG française Télécoms sans frontières
(TSF), avec le soutien de l'office européen d'aide
humanitaire (Echo).
Installé
dans une petite pièce d'une caserne militaire de Meulaboh,
il forme un lien vital avec le reste du monde, coupé
par la catastrophe du 26 décembre, et joue un rôle
prépondérant pour la coordination des opérations
d'assistance.
Meulaboh,
sur la côte ouest de la pointe nord de l'île indonésienne
de Sumatra, a en effet été frappée de
plein fouet par les vagues géantes générées
par le séisme qui s'est produit à environ 150
km en mer. Durant une dizaine de jours les survivants ont
attendu la première aide, qui fut aéroportée.
Bien
que les télécommunications mobiles locales aient
été rétablies peu après le désastre,
le signal reste confus et le réseau des téléphones
cellulaires est vite saturé.
C'est
pourquoi les bureaux spartiates de TSF sont devenus un luxe
apprécié des nombreux secouristes internationaux,
non seulement pour coordonner la distribution de l'aide, mais
aussi pour contacter famille et amis à la maison. Le
tout gratuitement.
D'un
côté et de l'autre d'une table, sont posés
à disposition trois ordinateurs portables et un téléphone
satellitaire. Les sauveteurs peuvent faire configurer leur
propre ordinateur et surfer sur le Net dans les locaux.
"Il
suffit de 10 minutes pour tout installer", confie à
l'AFP Julie Cazenave, coordinatrice chez TSF, "Nous passons
une centaine d'appels chaque jour à Meulaboh et à
Banda Aceh". Une quarantaine de megabits d'e-mails sont
par ailleurs selon elle envoyés quotidiennement".
L'office
européen d'aide humanitaire a débloqué
100.000 euros pour les opérations de TSF en Indonésie,
dont 75.000 couvriront la note de téléphone,
précise-t-elle.
En
plus d'offrir l'internet, les équipes mobiles de l'ONG
vont chaque jour à la rencontre des victimes, téléphone
satellitaire sous le bras, et invitent les survivants à
passer un coup de fil gratuitement.
Ce
support psychologique est important, surtout dans les moments
suivant le drame, lorsque famille et amis veulent connaître
le sort de ceux qui se trouvent dans la zone affectée.
"En
théorie, les appels sont limités à 3
minutes, mais comment voulez-vous couper court à la
conversation d'une personne qui raconte qu'elle est en vie
ou qui annonce à son interlocuteur qu'ils ont tout
perdu et que leur mère est décédée?",
explique Julie Cazenave.
Elle
relate qu'une femme rencontrée dans un camp de sinistrés
a ainsi appelé son fils pour lui dire que tout allait
bien, avant de s'effondrer : en fait elle n'avait pas eu le
courage de lui dire que tous ses frères et soeurs avaient
été tués.
Télécoms
sans frontières a ouvert un café du même
type à Banda Aceh, la principale ville de la province,
où sont morts des dizaines de milliers d'habitants.
Source
: AFP |