| Télécoms:
Devedjian veut une baisse du prix du dégroupage total
Le
ministre délégué à l'Industrie,
Patrick Devedjian, a assuré jeudi que la question du
dégroupage total était "capitale"
pour le développement de la concurrence dans le secteur
des télécommunications en France et a souhaité
une baisse de son coût pour donner plus de marge de
manoeuvre aux opérateurs alternatifs.
Il a précisé que le gouvernement attendait l'avis
de l'Autorité de régulation des télécommunications
(ART) avant de se prononcer sur la demande de hausse de l'abonnement
de France Télécom.
"Nous verrons ce qu'elle (l'ART) dira. Mais il est certain
que la question du dégroupage total est une question
capitale dans l'organisation du marché", a déclaré
le ministre de l'Industrie à la presse l'issue d'une
entrevue avec les représentants des concurrents de
l'opérateur historique.
Il faut que l'évolution retenue "permette, par
la hausse de l'abonnement et avec une baisse du coût
du dégroupage total, une marge qui aujourd'hui n'existe
pratiquement pas", a-t-il dit.
Le dégroupage total, qui permet à un client
de s'affranchir de tout lien commercial avec France Télécom,
est facturé actuellement 10,50 euros par mois hors
taxe aux opérateurs alternatifs alors que l'abonnement
téléphonique est de 10,87 euros hors taxe (13
euros TCC).
La proposition de France Télécom d'augmenter
le tarif de l'abonnement de 23% sur la période 2005-2008
en contrepartie d'une baisse de 26% des prix des communications
a suscité de vives critiques des concurrents, qui détiennent
ensemble seulement 15% du marché de la téléphonie
fixe en valeur.
Ils soulignent que l'opérateur historique augmente
ses recettes fixes - où il est en monopole - et promet
des baisses là où il y a la concurrence, au
risque de tuer les plus faibles.
En outre, ils notent que les propositions tarifaires incluent
une baisse des prix des communications fixes vers mobiles
déjà imposée par l'Autorité de
régulation des télécommunications (ART).
France Télécom reconnaît que cette composante
représente environ un tiers de la baisse promise jusqu'en
2008.
Richard Lalande, président de l'Aforst, qui regroupe
les opérateurs alternatifs, a jugé jeudi que
le dégroupage total était crucial pour développer
le marché.
"Il faut qu'il y ait une différence suffisante
entre le prix de détail, qui est l'abonnement actuel,
et le prix de gros, que France Télécom facture
à travers le dégroupage total", a-t-il
souligné.
Les concurrents de France Télécom, parmi lesquels
Free (ILD.PA>, Cegetel, 9 Telecom et Tele2 , souhaitent
qu'il y ait une marge de 40 à 45% entre le prix de
l'abonnement et le coût du dégroupage total.
Certains d'entre eux réclament un prix de huit euros,
ce qui correspond au niveau appliqué en Italie.
Source
: Reuters |