| Le
haut débit pour tous en Limousin, une utopie bientôt réalité
Le
territoire rural du Limousin est en passe de réaliser
ce qui, il y a quelques années, était vu comme
une pure utopie: fournir l'internet haut débit partout,
des hauteurs du plateaux de Millevaches aux confins de la
Haute-Vienne en passant par les rives de la Corrèze.
Réunies
au sein d'un syndicat mixte, les collectivités territoriales
de la région - les villes, les trois Conseils généraux
et le Conseil régional - viennent en effet de désigner
le groupement Axione-Sogetrel pour construire et exploiter
pendant 20 ans un réseau de télécommunications
qui couvrira l'ensemble de la région.
Selon
Pierre-Eric Saint-André, directeur général
d'Axione, "100% des communes, des administrations, 99%
des entreprises et 96% de la population", auront accès
au haut débit fin 2006.
Dans
le cadre d'une délégation de service public,
un "opérateur d'opérateurs", Dorsal
Télécom, va être créé et
mettra cette infrastructure, composée de plus de 1.000
km de fibres optiques et d'autres technologies comme le Wimax
(haut-débit sans fil) ou l'ADSL, à la disposition
des opérateurs de détail.
Car
aujourd'hui, les Free, NeufTelecom et autre Tiscali rechignent
à investir dans cette région rurale, faiblement
peuplée et à la population âgée.
"Il y a une carence sur le marché de gros des
télécommunications et le dégroupage n'existe
pas", souligne Stéphane Soyez, responsable des
technologies de l'information à l'Agence régionale
de développement (ARD).
"Nous
savions que les opérateurs ne se précipiteraient
pas en Limousin, ajoute le président (PS) du Conseil
régional, Jean-Paul Denanot. "Et là où
l'initiative privée n'existe pas, l'initiative publique
doit prendre le relais", dans un secteur considéré
comme vital, insiste-t-il.
"Cas d'école"
Avec Dorsal Télécom, chaînon manquant
entre ces opérateurs et les clients, "nous disposons
d'un outil neutre, mutualisé qui proposera des services
haut débit de qualité, en tout point du territoire
au même tarif", explique Michel Vergnier, député-maire
(PS) de Guéret et président du syndicat mixte.
La
loi sur l'économie numérique votée en
juin 2004 permet désormais aux collectivités,
non seulement d'investir dans les infrastructures de télécommunications
mais aussi, lorsqu'il y a carence d'opérateur, de devenir
opératrices.
Pourtant,
monter un tel projet, d'un coût de 86 millions d'euros
dont 45% de fonds publics, qui regroupe huit collectivités,
n'a pas été simple. Le Conseil général
de Corrèze, qui avait un autre projet dans ses cartons,
ne s'est par exemple rallié que tardivement au syndicat
mixte, lancé en mars 2002.
"La
Corrèze a compris que seule, elle ferait moins et plus
cher", poursuit Michel Vergnier.
Pour
Patrick Vuitton, délégué général
de l'Association des villes et collectivités pour les
communications électroniques et l'audiovisuel (Avicca),
c'est là que réside toute l'originalité
de ce projet. "C'est la première fois en France
qu'un syndicat mixte réussit à fédérer
les différentes collectivités au niveau régional",
affirme-t-il.
Le
projet Dorsal est d'ailleurs cité en exemple. "Nous
sommes un cas d'école et on nous regarde avec intérêt",
se réjouit le président de la Région.
Source
: AFP |