| France
Télécom baissera le prix des appels en échange d'un abonnement
plus cher Son
P-DG Thierry Breton s'engage à diminuer de 26% d'ici
à 2008, le prix des communications locales et nationales.
Motif de cette générosité? Mieux faire
passer la pilule de la hausse de l'abonnement prévue:
+23% d'ici à juillet 2007.
Nouvel épisode dans la polémique sur l'augmentation
du prix de l'abonnement que France Télécom (FT)
négocie actuellement avec le ministère de l'Économie.
Dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien,
Thierry Breton, P-DG de l'opérateur historique, milite
pour une augmentation de 23% de l'abonnement d'ici à
deux ans, c'est-à-dire juillet 2007.
Il
veut ainsi mettre en place «une démarche progressive
en trois paliers d'un euro en 2005, en juillet 2006 et juillet
2007». Dans un premier temps, l'abonnement mensuel TTC
passerait, cette année, de 13 à environ 14 euros,
soit +7,7% de plus.
En
contrepartie, FT s'engage à baisser d'au moins 26%,
entre début 2005 et début 2008, le prix des
communications. «Au total, sur les quatre années,
le montant global rendu aux clients sera supérieur
au milliard d'euros», assure le président de
l'opérateur historique.
La
baisse concernerait principalement les appels locaux et nationaux
(interurbains), avec une première réduction
de 8% dès février 2005, puis de 7% chaque année
jusqu'en 2008.
Dans
une moindre mesure, ce projet concerne également les
appels des fixes vers mobiles, dont les prix de gros doivent
être réduits de 36% sur deux ans, comme l'a récemment
décidé l'Autorité de régulation
des télécommunications (ART), suivi par le gouvernement.
La répercussion sur le prix de vente au détail
que devra pratiquer FT est en cours de discussion au sein
de l'ART.
Enfin,
l'opérateur historique propose de diminuer l'abonnement
dit "social", dont bénéficient aujourd'hui
700.000 ménages en situation de précarité.
Pour eux, l'abonnement baissera de 7% dès février
prochain, passant de 7 à 6,50 euros mensuels.
FT
va également proposer dès cette année
une offre «nu ADSL», formule permettant aux fournisseurs
d'accès internet d'établir une facture unique,
intégrant l'abonnement au téléphone fixe
dans leurs tarifs internet à haut débit.
Des
tarifs de gros pour la revente de l'abonnement
France
Télécom semble également avoir entendu
certaines critiques formulées la semaine dernière
par l'Aforst (Association française des opérateurs
de réseaux et services de télécommunications).
Qualifiant l'augmentation proposée par FT de «scandaleuse»,
son président Richard Lalande déclarait le 7
janvier à l'AFP, que l'opérateur historique
«doit faire des tarifs de gros en matière d'abonnement
de telle sorte que les opérateurs alternatifs puissent
faire également des propositions aux consommateurs,
qui auront ainsi le choix de leur opérateur».
C'est
ce que propose Breton qui s'engage à mettre en place
des prix de gros sur l'abonnement au premier trimestre 2006.
De
son côté, l'opérateur Free réclamait
dans une lettre adressée le 6 janvier au président
de la République, une baisse des tarifs sur le dégroupage,
tant sur les frais de mise en service (78 euros) que sur la
location mensuelle d'une ligne dégroupée facturée
à 10,5 euros par ligne par FT à ses concurrents.
Free tablait sur une baisse de 36 euros des frais de service,
soit une baisse de 46%, et voulait voir ramener la location
de la ligne à un prix compris entre 6 et 8 euros par
mois. Sur ce point Breton s'engage simplement à baisser
de 30% les frais de mise en service du dégroupage.
Bercy
prêt à donner son feu vert
Les
propositions du patron de FT auraient été bien
reçus par Bercy. Selon Le Parisien, France Télécom
«est en passe d'obtenir dans les jours qui viennent,
le feu vert du ministère de l'Industrie». Rappelons
que le 6 janvier, le ministre de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie Hervé Gaymard avait déjà
déclaré au micro de RMC que la demande de l'opérateur
était «juste».
Pour
mémoire, même à 14 euros, l'abonnement
en France resterait l'un des plus bas d'Europe, la moyenne
étant de 15,3 euros TTC comme nous l'expliquait récemment
Sophie Bismut, analyste chargée du marché des
télécommunications à l'Institut de l'audiovisuel
et des télécoms en Europe (Idate). Au vu des
tarifs pratiqués dans les autres pays européens,
elle qualifiait donc de «normale» la demande de
FT.
Un
point de vue que ne partage pas l'association de défense
du consommateur, UFC-Que Choisir. Jugeant l'augmentation proposée
sans «justification économique», elle a
appelé le 7 janvier le gouvernement à «refuser
à France Télécom une hausse du prix de
l’abonnement supérieure à l’inflation».
Après les nouvelles déclarations de Thierry
Breton, la position de l'association ne change pas. «France
Télécom dit rendre un milliard d'euros aux consommateurs,
mais la hausse de l'abonnement va lui rapporter 2,4 milliards
de plus» pour la même période, a déclaré
à l'AFP son président Alain Bazot.
Source
: Zdnet.fr |