| L'Iran
met en garde les Etats-Unis contre une "aventure" militaire
L'Iran
a lancé une vigoureuse mise en garde aux Etats-Unis
contre la tentation d'une attaque militaire pour stopper les
activités nucléaires de la République
islamique, une éventualité de nouveau évoquée
plus fortement avec le début du deuxième mandat
de George W. Bush.
"La
menace de nos ennemis étrangers ne nous fait pas peur,
ils savent bien que l'Iran, pays historique d'islam, avec
son antique civilisation, n'est pas un lieu bien choisi pour
les aventures", a déclaré un des plus hauts
personnages de l'Etat, l'ancien président Akbar Hachémi
Rafsandjani, cité mardi soir par l'agence officielle
Irna.
"La
République islamique d'Iran répondra avec détermination
à tout agissement ou projet inconsidéré
en s'appuyant sur un énorme soutien populaire, son
savoir-faire diplomatique et son haut potentiel militaire",
a abondé mercredi le porte-parole des Affaires étrangères
Hamid Reza Assefi, selon Irna.
Ces
propos font écho à ceux tenus lundi par le président
américain et aux spéculations ravivées
sur la possibilité d'opérations militaires contre
l'Iran si ce pays persistait à vouloir se doter de
l'arme atomique, comme les Etats-Unis l'en accusent.
"J'espère
que nous pourrons résoudre ce problème d'une
manière diplomatique, mais je n'écarterai jamais
aucune option", a dit le président Bush.
Ces
déclarations se sont conjuguées à un
article du New Yorker pour donner une nouvelle vigueur à
des conjectures qui avaient déjà cours avant
l'offensive en Irak.
Dans
sa dernière livraison, le magazine écrit que
des commandos américains sont infiltrés depuis
l'été 2004 en Iran pour reconnaître des
cibles nucléaires et chimiques potentielles. Il fait
dire à un ancien haut responsable des renseignements
américains que "bientôt, nous assisterons
à la campagne d'Iran".
Le
Pentagone a démenti catégoriquement.
"Des
commandos américains ne peuvent pas entrer aussi facilement
en Iran pour y faire de l'espionnage (...) nous connaissons
nos frontières", a aussi réfuté
Ali Agha Mohammadi, un porte-parole du Conseil suprême
de la sécurité nationale iranien, cité
par la presse.
Mais
la secrétaire d'Etat désignée, Condoleezza
Rice, a cité la République islamique mardi parmi
les "postes avancés de la tyrannie", deux
ans après que ce pays se fut retrouvé dans la
bouche du président américain sur "l'axe
du mal" des pays produisant des armes de destruction
massive et soutenant le terrorisme.
Tout
en prônant une "action internationale concertée",
elle a maintenu la menace de saisir le Conseil de sécurité
de l'Onu du dossier nucléaire iranien. "Dans un
premier temps", a-t-elle dit.
Pour
M. Assefi, ces déclarations et ces spéculations
ont principalement "pour objectif de saper les discussions
constructives entre l'Iran et l'Union européenne sur
le nucléaire en affirmant qu'elles ne marchent pas".
"Nous
considérons (cela) comme relevant d'une campagne psychologique
et des pressions politiques exercées par les durs"
aux Etats-Unis, a commenté M. Assefi.
Elles
surviennent à un moment où les Américains
sont dans "une situation terrible en Irak et auprès
de leur opinion publique", a-t-il relevé.
Les
Américains sont circonspects devant le processus diplomatique
préféré par les Européens avec
les Iraniens pour les convaincre de s'en tenir à des
activités nucléaires civiles. Pour beaucoup,
ce processus a peu de chance d'aboutir si les Américains
n'y sont pas associés. Ils n'ont pour l'heure donné
aucun signe de vouloir l'être, tout en laissant les
Européens opérer.
Le
Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'est
livré lui, mardi, à une longue et violente diatribe
contre "l'impérialisme américain, vicieux
et méprisable", évoquant notamment l'Irak,
la Palestine et l'Afghanistan.
"Ils
produisent, livrent et utilisent des armes nucléaires,
chimiques et bactériologiques (...) et professent qu'ils
s'opposent à la prolifération des armes de destruction
massive", a-t-il tancé.
Source
: AFP |