| Les
pays européens écartent l'option militaire contre l'Iran
Alors
qu'ils étaient divisés sur le dossier irakien,
les pays européens ont écarté ensemble
mercredi toute option militaire contre l'Iran, évoquée
par le président américain George W. Bush, insistant
sur la nécessité d'un règlement diplomatique
à la question du nucléaire iranien.
Il
n'y a pas "d'alternative" aux pourparlers menés
avec Téhéran pour empêcher une "militarisation
nucléaire" de ce pays, a affirmé le porte-parole
du gouvernement allemand Belan Anda.
"Ces pourparlers se mènent en étroite coordination
aves les Etats-Unis", a-t-il ajouté.
La
France, l'Allemagne et le Royaume-Uni négocient depuis
la mi-décembre avec l'Iran pour obtenir un accord à
long terme dans lequel Téhéran renoncerait définitivement
à toute ambition nucléaire militaire.
Dans
l'attente d'un tel accord, les Européens ont obtenu
de l'Iran une suspension des activités d'enrichissement
d'uranium qui peuvent avoir une finalité militaire.
"Ceux
qui pensaient que nous ne serions pas capables de négocier
quelque chose de substantiel avaient tort. Ceux qui pensaient
qu'on ne pourrait pas établir un certain niveau de
confiance avec les Iraniens tout en ayant un solide consensus
avec les Etats-Unis et les pays non alignés avaient
tort", a affirmé le secrétaire au Foreign
office Jack Straw.
"Cela
a demandé un travail phénoménal mais,
jusqu'ici, ça marche, note-t-il encore. Et c'est une
meilleure stratégie que l'alternative", par allusion
à l'option militaire.
Dans
un entretien lundi à la télévision américaine
NBC, M. Bush avait affirmé: "J'espère que
nous pourrons résoudre ce problème d'une manière
diplomatique, mais je n'écarterai jamais aucune option".
L'hebdomadaire
New Yorker assure de son côté que des commandos
américains sont infiltrés depuis l'été
2004 en Iran pour reconnaître des cibles nucléaires
et chimiques potentielles. Il fait dire à un ancien
haut responsable des renseignements américains que
"bientôt, nous assisterons à la campagne
d'Iran".
Le
Pentagone a démenti catégoriquement.
La
secrétaire d'Etat désignée, Condoleezza
Rice, a cité l'Iran parmi les "postes avancés
de la tyrannie", deux ans après que ce pays eut
été cité par le président américain
comme un membre de "l'axe du mal", avec l'Irak -qui
a, depuis, été envahi- et la Corée du
nord.
Tout
en prônant une "action internationale concertée",
Mme Rice a maintenu la menace de saisir le Conseil de sécurité
de l'Onu du dossier nucléaire iranien. "Dans un
premier temps", a-t-elle dit.
L'Iran,
qui n'a pas de relations diplomatiques avec les Etats-Unis,
a réagi en évoquant précisément
le dialogue avec l'UE. Pour le porte-parole des Affaires étrangères
Hamid-Reza Assefi, ces déclarations ont "pour
objectif de saper les discussions constructives entre l'Iran
et l'Union européenne sur le nucléaire en affirmant
qu'elles ne marchent pas".
"La
menace de nos ennemis étrangers ne nous fait pas peur,
ils savent bien que l'Iran, pays historique d'islam, avec
son antique civilisation, n'est pas un lieu bien choisi pour
les aventures", a déclaré l'ancien président
Akbar Hachémi Rafsandjani.
La
France a elle aussi insisté sur la poursuite du dialogue.
"Nous sommes actuellement en négociation avec
l'Iran sur la question de son programme nucléaire.
Cette négociation se fait avec nos partenaires allemands
et britanniques, en parfaite concertation avec les Etats-Unis
et avec nos autres partenaires européens", a rappelé
Cécile Pozzo di Borgo, porte-parole adjointe du quai
d'Orsay.
La
Russie, qui coopère avec Téhéran dans
le domaine nucléaire en construisant la centrale de
Bouchher (sud de l'Iran) rejette l'éventualité
de la guerre.
"Je
n'estime pas possible de parler, même de manière
hypothétique, de la situation qui pourrait apparaître
si quelqu'un décidait de recourir à d'autres
moyens" que la diplomatie dans cette crise, a affirmé
le ministre des Affaires étrangères Sergueï
Lavrov.
Source
: AFP |