| Des
Chinois pleurent la mort de Zhao Ziyang
Sous
l'oeil d'agents de sécurité en civil, des Chinois
anonymes ont rendu mercredi un dernier hommage à Zhao
Ziyang, défilant devant un portrait de l'ancien dirigeant
dans la maison de Pékin où il a passé
15 ans en résidence surveillée, après
être tombé en disgrâce pour avoir sympathisé
avec les étudiants manifestant sur la place Tiananmen
en 1989.
Des
pourparlers étaient toujours en cours entre la famille
de l'ancien premier ministre et secrétaire général
du Parti communiste et le gouvernement chinois sur la possibilité
d'organiser des funérailles officielles. Aucune décision
n'a été prise, a précisé Wang
Zhihua, beau-fils de Zhao Ziyang, qui est mort dans un hôpital
de Pékin lundi à l'âge de 85 ans des suites
d'une longue maladie.
Un
mémorial de fortune a été mis en place
dans le bureau de l'ancien dirigeant, des gerbes de fleurs
conduisant à une grande photo en couleur de Zhao Ziyang.
"La famille est reconnaissante à tous ceux qui
viennent ici", a souligné M. Wang.
Toute
la journée, des petits groupes de Chinois sont venus
dire adieu à l'ancien chef du Parti communiste, s'arrêtant
devant son portrait et signant un registre de condoléances,
dans cette maison située dans le centre de Pékin.
Une quinzaine d'agents de sécurité en civil
surveillaient les allées et venues, relativement discrètement.
En
revanche à Shanghaï, des centaines de personnes,
qui s'étaient rassemblées mardi pour exprimer
des revendications sans rapport devant des bâtiments
officiels, ont été arrêtées par
la police après avoir exprimé leur tristesse
pour la mort de Zhao Ziyang, a annoncé un groupe de
défense des droits de l'homme. Certains ont été
battus, a précisé l'organisation Human Rights
in China (HRIC) basée à New York, citant des
sources anonymes.
"Il
est tout naturel que les Chinois souhaitent pleurer la mort
de l'un des rares hauts responsables qui ont non seulement
oeuvré pour l'ouverture et les réformes mais
qui ont aussi défendu les droits des personnes",
a souligné le président du HRIC, Liu Qing. "Le
gouvernement chinois devrait autoriser les Chinois à
exprimer librement leur chagrin".
Par
ailleurs, dans un geste de défi envers Pékin,
les députés de l'opposition au Parlement de
Hong Kong ont observé une brève minute de silence
en hommage au disparu, la présidente de l'assemblée
suspendant immédiatement la séance en dénonçant
un "comportement indiscipliné".
La
veille, Chen Zuoer, un haut responsable chinois avait averti
qu'un tel comportement serait anticonstitutionnel. Des propos
qui lui ont valu d'être accusé par des militants
des droits de l'homme de vouloir restreindre la liberté
d'expression dans l'ancienne colonie britannique, rétrocédée
à la Chine en 1997, mais qui conserve une certaine
autonomie.
Sous
la direction de Zhao Ziyang, Premier ministre de 1980 à
1987 et ancien protégé du numéro un chinois
de l'époque Deng Xiaoping, la Chine a mené des
réformes qui lui ont permis de connaître une
forte croissance économique.
Source
: AP |