| Chirac
invite les députés UMP à l'union et à la mobilisation pour le
oui Jacques
Chirac a appelé mercredi les députés
UMP à l'union pour soutenir le gouvernement et à
la mobilisation pour le oui au référendum sur
la Constitution européenne, en demandant, devant Nicolas
Sarkozy, que la question turque ne vienne pas compromettre
cet enjeu.
Au
lendemain de la reprise des travaux de l'Assemblée
nationale après la pause de Noël, le président
de la République a été l'invité-surprise,
au Cercle Interallié, proche du Palais de l'Elysée,
du pot de Nouvel an offert par le président du groupe
UMP à l'Assemblée Bernard Accoyer.
Au
cours de ce moment qualifié de "très amical,
très chaleureux et très convivial" par
M. Accoyer, Jacques Chirac a échangé quelques
mots avec chacun des quelque 250 députés présents.
"Il
a serré toutes les mains sans en manquer une, il a
eu un mot gentil pour chacun. Il est en pleine forme",
racontait Nadine Morano, chiraquienne qui s'est rapprochée
de Nicolas Sarkozy.
En
présence du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin,
Jacques Chirac a salué l'ancien ministre de l'Economie
et, "affectueusement", le président de l'Assemblée
Jean-Louis Debré, qui ne cesse de porter le fer contre
le président de l'UMP, selon un participant.
Le
chef de l'Etat entendait délivrer un message très
politique aux députés qui, depuis les échecs
électoraux du printemps, manifestent leur inquiétude:
il les a appelé à soutenir l'action de réforme
du gouvernement, à se mobiliser "avec enthousiasme
et détermination pour le oui au référendum",
et à "rassembler dans l'action".
Dans
le contexte nouveau créé par l'élection
à la présidence de l'UMP de Nicolas Sarkozy,
qui ne cache pas son ambition de succéder à
Jacques Chirac en 2007, le groupe UMP à l'Assemblée
est un enjeu majeur, où se joue le rapport de forces
entre chiraquiens et sarkozystes.
Le
président de l'UMP, qui devrait retrouver en mars son
siège de député à la faveur d'une
législative partielle à Neuilly, assiste à
toutes les réunions du bureau du groupe. Il s'y pose
en rassembleur, tout en s'efforçant d'imposer son autorité
sur des députés qui restent majoritairement
chiraquiens.
Dans
son discours, Jacques Chirac a réaffirmé sa
position, tant sur la baisse des impôts que sur la Turquie,
deux sujets sur lesquels il est en opposition directe avec
Nicolas Sarkozy.
Pour
le chef de l'Etat, il faut "assumer le grand enjeu du
référendum sur l'Europe" en évitant
les "pièges": il ne faut pas "détourner
de son objet" le référendum par des considérations
politiciennes et il ne faut pas lier la question de la Constitution
à celle de l'adhésion de la Turquie à
l'UE.
Sur
la Turquie, a-t-il prévenu, "notre responsabilité
à tous est de dire l'exacte vérité".
Cet avertissement s'adresse implicitement à Nicolas
Sarkozy qui a annoncé son intention de faire à
nouveau voter le conseil national de l'UMP, le 6 mars, sur
l'adhésion de la Turquie à l'UE. Le 9 mai 2004,
alors qu'Alain Juppé était président,
le conseil national avait déjà adopté
à 71,8% une motion refusant l'entrée de la Turquie.
Jugeant
que ce nouveau vote n'est "pas nécessaire",
le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy a dénoncé
"les petits calculs" de "ceux qui disent oui
à la Constitution tout en voulant faire croire que
cette question est liée à la question de la
Turquie".
Devant
les députés UMP, Jacques Chirac a aussi insisté
sur l'union. "Notre force, c'est notre diversité,
mais c'est aussi et avant tout notre capacité de rassemblement
dans l'action et quand l'essentiel est en jeu", a-t-il
dit.
Source
: AFP |