| Thaïlande:
visite des dirigeants de Suède, Norvège et Finlande
Les
chefs des gouvernements suédois Goeran Persson, norvégien
Kjell Magne Bondevik et finlandais Matti Vanhanen ont visité
lundi le temple bouddhiste thaïlandais de Yanyao (sud)
transformé en morgue géante, où se déroule
une vaste opération d'identification.
M.
Persson, critiqué en Suède pour la lenteur de
la réaction de son gouvernement social-démocrate,
a demandé des comptes à Bangkok sur l'absence
d'alerte au tsunami du 26 décembre.
"J'ai dit directement aux autorités thaïlandaises
que nous voulons une enquête sur l'alerte pour la catastrophe"
provoquée par un violent séisme au large de
l'île de Sumatra en Indonésie, a dit M. Persson.
"Le séisme a eu lieu un long moment avant le tsunami.
Le tsunami a balayé les côtes et tué des
milliers de personnes. Pourquoi n'y a-t-il pas eu d'alerte
puisqu'il y avait connaissance d'un tsunami?", a demandé
M. Persson, après avoir qualifié sa visite de
deux jours de "horrible, mais productive".
Inspectant
les zones dévastées de la région de Khao
Lak, le chef du gouvernement suédois a demandé
que les bâtiments reconstruits soient plus résistants
"pour que la Thaïlande voie revenir une grande vague
de touristes". De nombreux Européens veulent revenir
en Thaïlande, a-t-il dit, "mais cela ira de pair
avec la sécurité".
Quelque 900 dépouilles d'étrangers se trouvent
au temple de Yanyao parmi plus de 2.000 corps et la Suède,
la Norvège et la Finlande comptent encore plus d'un
millier de touristes disparus en Thaïlande, trois semaines
après le tsunami. La Thaïlande "doit continuer
de chercher les corps des morts, tant qu'il y a de l'espoir",
a dit le Premier ministre norvégien à des journalistes,
"ils nous ont assuré qu'ils le feraient".
Il a rendu hommage aux nombreux experts légistes internationaux
qui effectuent au temple de Yanyao la tâche pénible
d'identification de dépouilles très décomposées.
"C'était
comme se trouver sur le seuil du royaume de la mort. C'est
un travail très dur à accomplir et je les remercie
du fond du coeur de bien vouloir le faire", a-t-il dit.
52 Suédois sont morts dans le tsunami de l'océan
Indien, la plupart en Thaïlande, et 893 sont portés
disparus. Mais M. Persson avait indiqué dimanche craindre
que "dans le pire des cas" plus de 1.000 Suédois
aient été tués.
Le
pays de neuf millions d'habitants est celui qui a payé
le plus lourd tribut par tête d'habitant à la
tragédie asiatique en Europe. La Norvège compte
15 morts et 77 disparus, tandis que la Finlande déplore
quatre morts mais compte encore 172 disparus.
L'experte
légiste en chef thaïlandaise, Pornthip Rojanasunan,
a expliqué aux dirigeants scandinaves que les 2.003
corps amenés au temple de Yanyao avaient presque tous
subis des prélèvements d'ADN, de même
que 400 autres dépouilles entreposées sur un
autre site, à Ban Muang. Ces dépouilles représentent
moins de la moitié des morts confirmés dans
le pays. Il faut désormais comparer les échantillons
aux prélèvements ante mortem effectués
sur les parents des victimes pour établir d'identité
des dépouilles et "il reste encore beaucoup à
faire", a averti le Dr Pornthip.
Elle
a également déclaré aux dirigeants scandinaves
que de nouvelles dépouilles étaient encore trouvées
tous les jours. "Hier soir nous avons trouvé des
restes à l'état de squelettes dans un hôtel
près de Ban Ngien, plus de dix corps je crois, dans
une piscine très profonde", a dit le Dr Pornthip.
Le
bilan du tsunami qui a balayé six provinces méridionales
s'élève désormais à 5.322 morts
et 3.144 disparus, selon la dernière actualisation
fournie lundi par le ministère de l'intérieur.
MM. Bondevik et Vanhanen devaient quitter la Thaïlande
en fin de journée, M. Persson tôt mardi. Lundi
également, le président de Singapour S.R. Nathan
est arrivé à Bangkok. Il devait se rendre en
fin de semaine à Phuket pour visiter les zones sinistrées
par le tsunami.
Source
: AFP |