| Touristes
et animaux reviennent dans une réserve naturelle du Sri Lanka
Trois
semaines après les tsunamis, les animaux sont revenus
dans la première réserve naturelle du Sri Lanka,
les touristes aussi mais, bizarrement, les papillons manquent
encore à l'appel.
"Nous
en sommes déjà à une centaine de visiteurs
par jour", dit W. Weregama, gardien au Yala National
Park dans l'est de l'île. Un bon chiffre puisque avant
la catastrophe du 26 décembre on comptait une moyenne
de 150 visiteurs, dont la moitié d'étrangers.
La réserve a été relativement épargnée
car des dunes ont protégé le parc et les animaux,
alertés par leur "sixième sens", ont
fui à temps, ajoute-t-il.
Mais
le bilan humain a été lourd, avec 42 morts,
quatre employés et des touristes, dont 16 Japonais
qui voyageaient en groupe et prenaient le thé quand
le raz de marée a déferlé.
Les
bungalows de la plage adjacente ont été pulvérisés
mais par chance ils étaient déserts à
ce moment là.
M.
Weregama explique que le parc de Yala a fermé quatre
jours, avant de rapidement récupérer.
Dans
les zones touchées, on voit encore des flaques d'eau
ou du sable. Des arbres ont été cassés,
des blocs de rochers déplacés un kilomètre
à l'intérieur des terres, les mangroves déracinées.
Mais
les acacias ont commencé à faire de nouvelles
feuilles, un délice pour les 200 éléphants
du parc.
"Les
éléphants sont revenus manger les nouvelles
feuilles, ils adorent ça", dit Lionel Gunatilaka,
un guide de safari.
Les
autres animaux aussi sont de retour, et l'on peut voir "des
buffles, cerfs, sangliers, crocodiles, singes et oiseaux de
toutes sortes".
"Mais
il y a une chose bizarre. Les papillons ont disparu et ne
sont pas revenus. Normalement, c'est plein de papillons",
dit M. Gunatilaka.
Il
pense que c'est parce que l'eau, source de vie pour les papillons,
est maintenant saumâtre et qu'ils se sont réfugiés
ailleurs dans le parc.
Nigel
et Shirley Scott, un couple de touristes de Shepperton, en
Angleterre, a refusé de renoncer à leur voyage
à cause du tsunami.
"Nous
avons vérifié avec les agences de voyages. Elles
ont dit qu'il n'y avait pas de raison de ne pas venir",
dit Nigel Scott. "Un avantage est qu'il y a moins de
monde", ajoute sa femme.
Mais,
comme tous les visiteurs du Sri Lanka, où la catastrophe
a fait plus de 30.000 morts, ils sont touchés par le
malheur des autres.
Leur
guide, Vicky Wickremaseka, se trouvait près de l'endroit
où les Japonais ont été tués et
ils ont partagé son émotion lors de son premier
retour sur le site ce weekend.
Vicky
se souvient que, au moment du drame, les oiseaux ont commencé
à voler et les éléphants et autres animaux
à courir.
"Nous
avons compris que quelque chose n'allait pas et nous avons
crié à tout le monde de se sauver. Nous avons
fait démarrer la jeep et nous venions de passer en
seconde quand les vagues sont arrivées", dit-il.
Il
a entendu les cris des Japonais et les a vu avalés
par la mer, un spectacle qu'il n'oubliera pas.
"J'ai
demandé de l'aide à la radio et nous avons immédiatement
entamé une opération de secours. Nous avons
réussi à sauver quatre personnes du groupe",
dit-il.
M.
Weregama, le gardien, estime qu'un pour cent seulement du
sanctuaire a été touché parce que les
dunes, à la différence de nombreux endroits
du reste de l'île, n'avaient pas été supprimées.
"Détruisez
l'environnement, et il vous détruira", dit-il.
Source
: AFP |