| L'ONU
insiste sur la nécessité d'un système d'alerte aux tsunamis
A
la veille de l'ouverture de la conférence sur la prévention
des catastrophes à Kobé, au Japon, les Nations
unies ont insisté lundi sur la nécessité
d'un système d'alerte global, qui aurait permis, lors
du violent séisme qui a frappé une partie de
l'Asie le 26 décembre, d'épargner de nombreuses
vies.
Selon
un dernier bilan provisoire, plus de 162.000 personnes ont
trouvé la mort du fait de ce tremblement de terre de
magnitude 9, suivi d'un tsunami. Plusieurs milliers de corps
ont encore été découverts ce week-end
sur l'île indonésienne de Sumatra, la plus proche
de l'épicentre du séisme.
Après
une année 2004 marquée par de nombreuses catastrophes
naturelles, et notamment des ouragans meurtriers, le tsunami
en Asie du Sud devrait être au coeur des débats
de la conférence de Kobé, au cours de laquelle,
de mardi à vendredi, un système d'alerte sera
évoqué.
"Je
suis de plus en plus convaincu qu'une attention accrue doit
être apportée à la prévention des
catastrophes et à la préparation", a déclaré
lundi Jan Egeland, secrétaire général
adjoint de l'ONU chargé des affaires humanitaires.
"Nous devrions être davantage qu'une brigade de
sapeurs-pompiers."
L'agence
scientifique des Nations unies a d'ores et déjà
proposé de mettre un place un système d'alerte
provisoire dans l'océan Indien d'ici 18 mois, pour
un coût total de 30 millions de dollars. Dimanche, le
ministre français délégué à
la Coopération, Xavier Darcos, a précisé
que la France proposera un dispositif, dont la "plateforme
principale serait à la Réunion".
Parallèlement
à cette conférence, Paris accueille jusqu'à
mercredi le Forum sur le développement humain, organisé
par le Programme des Nations unies pour le développement
(PNUD). Cette réunion, qui permettra de faire un point
de la situation dans les 11 pays concernés par le raz-de-marée,
doit donner le coup d'envoi d'une année cruciale pour
la réalisation d'ici 2015 des Objectifs du millénaire
pour le développement.
Pour
Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire
général de l'ONU Kofi Annan, le tsunami a "mis
en lumière l'urgence de s'attaquer à l'extrême
pauvreté sur une planète qui regorge de richesses".
"Nous
disons que les pays riches devraient y consacrer 0,5% en moyenne
de leurs revenus au cours de la prochaine décennie,
c'est-à-dire en gros le double de ce qui est fait actuellement.
Ce sont des sommes infimes et pourtant, il est très
difficile de les mobiliser", rappelle-t-il dans un entretien
au quotidien français "Le Monde".
Sur
le terrain, la reconstruction des infrastructures indonésiennes,
dans la province d'Aceh, va prendre plusieurs années,
a indiqué Mark Collins, responsable d'une mission de
l'agence australienne AusAID. "La plupart des infrastructures
publiques ont été gravement endommagées
ou détruites", a-t-il expliqué lors d'une
conférence de presse. "De nombreux membres du
secteur médical ont également payé un
lourd tribut". En effet, environ 150 médecins
sont portés disparus, alors que seuls 82 membres du
personnel médical, sur 400, ont été retrouvés,
a-t-il poursuivi.
S'il
n'y a pas eu d'épidémies majeures, l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) a fait part de ses inquiétudes
face à une éventuelle pandémie de malaria,
qui pourrait être propagée par les moustiques
qui pullulent dans les eaux stagnantes. "Il y a un risque
considérable. Les gens continuent à boire de
l'eau impure", a souligné Rob Holden, le coordinateur
de l'agence onusienne.
Par
ailleurs, le ministère danois des Affaires étrangères
a fait état dans un communiqué de menaces terroristes
dans la province d'Aceh. L'ONU a demandé à ses
employés de faire preuve de la plus grande prudence
en attendant la vérification de cette information.
Sur place, Joël Boutroue, responsable des opérations
de secours onusiennes, a réaffirmé qu'il n'y
avait pas de menace précise contre les secours.
Tengku
Mucksalmina, commandant rebelle dans la province d'Aceh, a
toutefois certifié que la guérilla n'attaquerait
pas les humanitaires étrangers. "Nos mères,
nos veuves et nos enfants sont des victimes de cette tragédie",
a-t-il dit. "Nous ne tendrions jamais une embuscade à
un convoi d'aide pour eux. Nous voulons que (les ONG humanitaires)
restent. Nous leur demandons de ne pas laisser les habitants
d'Aceh qui souffrent."
La
semaine dernière, l'armée indonésienne
avait insisté pour que les soldats escortent les travailleurs
humanitaires étrangers près de Banda Aceh pour
les protéger contre d'éventuelles attaques du
Mouvement pour un Aceh libre (GAM), groupe indépendantiste
en lutte contre les autorités depuis trois décennies.
Source
: AP |