| Grande-Bretagne:
l'opposition entre à son tour en campagne avec force promesses
Les
deux principaux partis d'opposition britannique, les Tories
et les Lib-dem, sont à leur tour entrés en campagne
lundi en vue des élections législatives, promettant
l'un des baisses d'impôts massives et l'autre d'être
la vraie alternative au parti travailliste au pouvoir.
Les
conservateurs de Michael Howard, laminés durant le
week-end par un sondage exécrable et la défection
d'un député passé chez les travaillistes,
ont promis de baisser les impôts de quatre milliards
de livres (5,7 milliards d'euros), en faveur des "familles
qui travaillent dur et des entreprises durement pressurées",
sitôt leur éventuel retour au pouvoir au printemps.
"Le
choix est clair lors de la prochaine élection : plus
de gaspillage et plus d'impôts sous Tony Blair, ou en
avoir pour votre argent et moins d'impôts avec les conservateurs",
a déclaré M. Howard.
Oliver
Letwin, son responsable financier, a dressé le catalogue
des promesses du parti, selon lequel 35 milliards de livres
(50 milliards d'euros) sont gaspillés chaque année
par le gouvernement travailliste.
Outre
les baisses d'impôts, il a promis que 23 de ces 35 milliards
seraient réinvestis dans une augmentation de 21% du
budget des hôpitaux, de 13% des écoles, de 10%
des transports, de 12% de la police et des retraites, de 9%
de la défense....
L'argent
nécessaire sera trouvé en supprimant notamment
168 organismes publics et 235.000 emplois de fonctionnaires,
ont précisé les conservateurs, qui entendent
également consacrer 8 milliards de livres à
la réduction de la dette.
Choisissant
un tout autre registre, Charles Kennedy, le dirigeant des
libéraux-démocrates, a insisté sur le
fait que son parti, le troisième du pays en ordre d'importance,
était "le seul vrai parti d'opposition".
Dans
une conférence de presse, il a rappelé l'opposition
des "Lib-dem" à la guerre en Irak, aux cartes
d'identité obligatoires ou encore à l'augmentation
du prix des universités, ce qui fait selon lui des
libéraux-démocrates la véritable alternative
aux travaillistes.
Et
il a promis, s'il accédait au pouvoir, de taxer à
50% tous les revenus au-dessus de 100.000 livres (142.000
euros) par an, pour permettre de rétablir la gratuité
des universités et d'assurer un service d'aide gratuit
aux personnes âgées.
Les
libéraux-démocrates, qui avaient obtenu 52 sièges
à la Chambre lors des élections de 2001, sont
en progression dans les sondages. Le plus récent, publié
dimanche par News of the World, les crédite de 54 sièges
dans la future assemblée, contre 38 l'an dernier dans
un sondage similaire.
A
l'inverse, le même sondage dimanche a prédit
une défaite historique aux conservateurs, qui les laisserait
avec 162 sièges, au plus bas depuis 1906, contre 403
pour les travaillistes. Ces derniers ne semblent nullement
affectés par les querelles largement médiatisées
de leurs deux poids lourds, le Premier ministre Tony Blair
et le ministre des Finances Gordon Brown.
La
date des élections n'est pas officiellement fixée,
mais selon les experts, elles devraient avoir lieu le 5 mai.
C'est
à Tony Blair d'en fixer la date, et le Premier ministre,
déjà en campagne, a promis jeudi dernier la
"prospérité à tous" s'il est
reconduit pour un troisième mandat.
Déjà
les premières affiches électorales ont fait
leur apparition. Les travaillistes mettent l'accent sur les
bonnes performances de l'économie depuis leur arrivée
au pouvoir en 1997. Les conservateurs ont eux fait leur miel
d'une phrase prêtée à Gordon Brown affirmant
à M. Blair : "Je ne croirai plus jamais rien de
ce que vous pourrez me dire".
Source
: AFP |