| Violence
record en Irak, enregistrement des Irakiens votant à l'étranger
La
violence en Irak a atteint de nouveaux records à l'approche
des élections du 30 janvier alors qu'un processus d'inscription
des Irakiens expatriés en âge de voter a commencé
lundi dans 14 pays étrangers.
Le
vice Premier ministre irakien Barham Saleh a affirmé
que le gouvernement irakien "se préparait au pire"
pour les élections générales qui doivent
se tenir le 30 janvier.
"J'espère
que les élections se dérouleront dans le calme,
mais nous nous préparons au pire car nous avons en
face un ennemi déterminé à nous empêcher
d'exercer notre droit démocratique et d'élire
un nouveau gouvernement en Irak", a déclaré
M. Saleh à l'AFP.
Le
plus haut responsable militaire américain en Irak,
le général George W. Casey, a averti de son
côté qu'il fallait s'attendre à la poursuite
des attentats jusqu'au scrutin et au-delà. "Y
aura-t-il de la violence le jour des élections? Il
y en aura", a déclaré le général
Casey dans un communiqué.
Les
installations des forces de l'ordre irakiennes restaient la
principale cible des rebelles. Huit Irakiens, dont sept soldats,
ont été tués dans l'attaque d'un barrage
routier près de Baaqouba (60 km au nord-est de Bagdad).
Un des soldats a été décapité
pendant qu'il faisait la prière de l'aube, selon une
source militaire irakienne.
Le
groupe de l'islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui,
lié au réseau terroriste Al-Qaïda, a revendiqué
cette attaque dans un communiqué publié sur
un site internet.
Dans
un autre communiqué publié sur internet et attribué
à l'Organisation d'Al-Qaïda au pays du Rafidaïn
(la Mésopotamie), le groupe de Zarqaoui affirme avoir
mené des attaques contre des bureaux de vote dans la
ville de Bassorah, sud de l'Irak.
A
Baïji (200 km au nord de Bagdad), sept policiers ont
été tués et 15 autres blessés
lundi matin dans un attentat suicide à la voiture piégée
contre le commissariat de la ville.
Les
corps de deux soldats irakiens décapités ont
été retrouvés dans la ville rebelle de
Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad. Un message
était accroché sur les cadavres: "tel est
le sort réservé à toute personne qui
collabore avec les forces américaines", selon
un officier de police irakien.
Sept
insurgés ont été tués et douze
autres arrêtés durant les dernières 24
heures dans la ville de Mossoul, au nord de Bagdad, a annoncé
l'armée américaine.
L'archevêque
de la communauté catholique syriaque de Mossoul, Basile
Georges Casmoussa, a été enlevé dans
cette ville du nord de l'Irak, a annoncé le porte-parole
du Vatican, Joaquin Navarro Valls.
Enfin,
une voiture piégée conduite par un kamikaze
a explosé dans le centre de la ville rebelle de Ramadi
faisant des victimes américaines, ont indiqué
l'armée américaine et des témoins.
Pour
le scrutin du 30 janvier, le Premier ministre irakien Iyad
Allaoui a demandé au secrétaire général
de l'Onu Kofi Annan l'envoi d'observateurs internationaux
dans le pays qui compte quelque 25 millions d'habitants.
M.
Annan, a indiqué que l'Onu serait prête à
étendre son rôle en Irak, si les circonstances
le permettent après les élections.
A
l'étranger, l'inscription des Irakiens expatriés
susceptibles de participer aux élections a commencé
lundi dans 14 pays sous l'égide de l'Organisation internationale
pour les migrations (OIM).
Ces
14 pays où habitent selon des estimations un million
d'Irakiens en âge de voter, ont été choisis
par la commission électorale irakienne, a précisé
l'OIM.
La
Syrie est considérée par l'OIM comme le pays
abritant le plus grand nombre d'Irakiens en âge de voter
(250.000), devant les Etats-Unis (234.000), la Grande-Bretagne
(150.000), la Jordanie (108.000) et l'Iran (81.000).
L'inscription
des expatriés sur les listes électorales, qui
est également organisée en Allemagne, en Australie,
au Canada, au Danemark, en France, aux Emirats arabes unis,
aux Pays-Bas, en Suède et en Turquie, se poursuivra
jusqu'au 23 janvier. Le vote se déroulera sur trois
jours, du 28 au 30 janvier.
Les
autorités de Bagdad ont par ailleurs annoncé
leur volonté de mieux contrôler les quelque 50.000
gardes de sécurité privés, qui travaillent
actuellement en Irak. Les compagnies dont dépendent
ces vigiles armés, d'anciens mercenaires, policiers,
soldats de divers pays, recrutés pour assurer la protection
des sociétés travaillant en Irak, doivent désormais
obtenir une licence.
Le
porte-parole du Premier ministre irakien Iyad Allaoui, a par
ailleurs affirmé qu'un cousin du président déchu
irakien Saddam Hussein, arrêté le mois dernier,
oeuvrait pour unifier les groupes rebelles et avait à
sa disposition "plusieurs milliards de dollars"
pour financer leurs activités.
Au
sein de la coalition dirigée par les Etats-Unis, les
Pays-Bas ont confirmé lundi officiellement qu'ils allaient
retirer d'Irak à la mi-mars leurs quelque 1.400 soldats
déployés peu après la chute du régime
de Saddam Hussein dans la province méridionale d'Al-Muthanna,
sous commandement britannique.
La
Bosnie, toujours ethniquement divisée, va quant à
elle dépêcher en avril en Irak une unité
multi-ethnique de démineurs qui rejoindront la coalition
dirigée par les Etats-Unis, a déclaré
le ministre de la Défense Nikola Radovanovic.
Source
: AFP |