| Abbas
ordonne aux services de sécurité d'empêcher les attaques contre
Israël Le
dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a donné ordre lundi
à ses services de sécurité d'empêcher
les attaques contre Israël qui, pour sa part, a menacé
de lancer une opération de grande envergure en cas
de poursuite des attaques des groupes armés palestiniens.
"Abou
Mazen (le surnom d'Abbas) nous a ordonné d'empêcher
toute action violente contre Israël", a affirmé
à l'AFP un haut responsable sécuritaire palestinien
sous couvert de l'anonymat.
M.
Abbas a donné cette consigne lors d'une rencontre à
Ramallah (Cisjordanie) avec le Premier ministre Ahmed Qoreï
et le ministre de l'Intérieur Hakam Balaawi en présence
des responsables de tous les services de sécurité,
a-t-il précisé.
M.
Abbas a dans ce but demandé le déploiement massif
de forces de sécurité dans la bande de Gaza,
notamment aux points de passage avec Israël.
De
même source, M. Abbas a ordonné l'intégration
"le plus vite possible" des Brigades des Martyrs
d'Al-Aqsa au sein de ses services de sécurité.
Les
Brigades ont revendiqué, avec deux autres groupes armés,
une attaque meurtrière contre un point de passage entre
Israël et la bande de Gaza, jeudi soir, qui a fait six
tués israéliens.
Le
mouvement radical Hamas a rejeté l'appel lancé
la veille par l'OLP à stopper les attaques contre Israël.
La
décision de faire cesser les violences "a été
prise pour réorganiser la maison palestinienne et assurer
la sécurité des citoyens", a expliqué
le Premier ministre palestinien dans des déclarations
aux journalistes lundi soir.
Il
a estimé qu'Israël cherchait des prétextes
pour poursuivre ses opérations dans les territoires
palestiniens. "C'est pourquoi nous devons faire cesser
les opérations", a-t-il dit.
Quant
au rejet du Hamas de cesser les attaques, M. Abbas a affirmé
: "leur position est connue; nous voulons dialoguer avec
eux pour arriver à un accord".
Il
a ainsi indiqué qu'il se rendrait à Gaza dans
les prochains jours pour tenter de convaincre les groupes
radicaux d'observer une trêve dans leurs attaques ou
un cessez-le-feu provisoire.
En
dépit de ces développements, Israël maintenait
la pression sur M. Abbas.
Selon
la radio militaire, le chef d'état-major israélien,
le général Moshé Yaalon, a donné
ordre de planifier une opération terrestre de grande
envergure dans la bande de Gaza au cas où l'Autorité
palestinienne ne mettrait pas rapidement fin aux attaques
contre Israël.
Le
vice-ministre de la Défense, Zeev Boïm, a de son
côté averti qu'il "faudra peut-être
ordonner à l'artillerie israélienne de bombarder
les secteurs où sont repérés des lance-roquettes
Qassam, en appelant auparavant la population palestinienne
à évacuer les lieux".
"Abbas
doit lutter contre le terrorisme et déployer ses forces
pour essayer de stopper les tirs de roquettes Qassam et d'obus
de mortiers (à partir de Gaza). Israël ne lui
octroie pas une période de grâce à cet
effet", a déclaré à l'AFP un haut
responsable à la présidence du conseil à
Jérusalem sous couvert d'anonymat.
"Nos
forces vont continuer d'opérer jour et nuit, sans limites
de temps, pour tenter d'empêcher ces tirs. Abbas doit
passer aux actes et ne peut pas se contenter de mots",
a-t-il ajouté.
Sur
le terrain, deux activistes du Jihad islamique ont été
tués dans la bande de Gaza lors d'échanges de
tirs avec l'armée israélienne.
Quatre
roquettes Qassam se sont abattues sans faire de victime à
Sdérot (sud d'Israël) où une journée
"ville morte" a été organisée
pour manifester l'exaspération de la population de
cette localité sur laquelle sont tombées 112
roquettes depuis le début de l'Intifada en septembre
2000.
Par
ailleurs, deux Libanaises ont été blessées
lors d'un raid aérien israélien mené
contre un village du sud Liban, à la frontière
israélienne, après une attaque du Hezbollah
dans le secteur controversé des Fermes de Chebaa occupé
par Israël, a indiqué la police libanaise.
Source
: AFP |