| Les
retraités en colère dénoncent la politique de Poutine
Des
milliers de retraités en colère, accompagnés
de représentants de l'opposition communiste et réformatrice,
ont manifesté samedi à Saint-Pétersbourg,
Moscou et dans d'autres villes russes, dénonçant
la politique sociale "criminelle" du président
Vladimir Poutine.
La
manifestation la plus importante, rassemblant entre 5.000
et 10.000 personnes selon les estimations, s'est déroulée
à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), la ville natale
du président russe, où il se trouvait encore
après y avoir reçu la veille son homologue allemand
Horst Koehler.
Un homme âgé présent à la manifestation
a été tué par la manoeuvre d'un automobiliste
bloqué par la foule, a indiqué la police de
la ville. L'incident a fait en outre trois blessés,
selon la radio Echo de Moscou.
La
foule de retraités, parmi lesquels se trouvaient aussi
des représentants du Parti communiste, des militants
du Parti national-bolchévique d'Edouard Limonov, mais
aussi du parti d'opposition réformateur Iabloko, a
défilé pendant plusieurs heures dans le centre,
se rendant du quartier de Smolny au siège de l'administration
régionale.
Les
slogans dénonçaient le président et ses
ministres "assassins des vieux et des invalides"
et "le génocide du peuple russe".
Un
autre groupe de manifestants, au nombre d'un millier, a bloqué
une route nationale entre l'aéroport et le centre de
Saint-Pétersbourg, criant "honte", "la
bande à Poutine (doit passer) en jugement" et
"fusillez-les".
Ils
portaient des panneaux fustigeant "une mafia de profiteurs"
à la tête du pays, et "la loi scélérate".
Le
gouverneur de Saint-Pétersbourg, Mme Valentina Matvienko,
a reçu en fin de journée des représentants
des manifestants, et a indiqué devant la presse avoir
"informé objectivement le président (Vladimir
Poutine) sur la réaction des gens" à la
réforme.
La
direction russe fait face depuis le début de la semaine
à une vague croissante de mécontentement à
travers le pays, après l'entrée en vigueur d'une
réforme votée l'année dernière,
qui supprime le système d'avantages sociaux pour les
retraités, invalides et autres catégories défavorisées
(gratuité des transports en commun, des médicaments
de base, etc.) hérité de l'époque soviétique,
le remplaçant par des compensations financières
jugées beaucoup trop faibles et ne bénéficiant
qu'aux plus démunis.
Un
millier de retraités se sont également rassemblés
samedi matin devant la mairie de Khimki, une importante commune
de la banlieue nord de Moscou, ont annoncé les médias
de la capitale.
De
nombreux militants des jeunesses communistes se sont joints
aux retraités, encadrés par la police qui voulait
les empêcher de bloquer la route entre Moscou et l'aéroport
international de Cheremetievo, comme ils l'avaient fait lundi
dernier.
Les
policiers ont interpellé "sans raison apparente"
huit militants du Parti national-bolchevique (extrême
gauche nationaliste), qui participaient à la manifestation,
et ceux-ci ont été relâchés après
plus de trois heures passées au poste de police, a
indiqué sur la radio Echo de Moscou le porte-parole
de ce parti, Alexandre Averine.
Près
de 200 personnes ont par ailleurs manifesté place Pouchkine,
dans le centre de Moscou, pour réclamer la libération
de quarante militants de ce parti, arrêtés à
la mi-décembre pour avoir occupé pendant quelques
heures des locaux de l'administration présidentielle
en signe de protestation contre la réforme.
D'autres
manifestations se sont déroulées à Kazan
(Tatarstan, centre), où des centaines de retraités
ont bloqué la circulation, et à Samara et Saratov
(Volga) notamment.
Le
gouvernement russe avait tenté vendredi d'endiguer
la montée de la protestation en annonçant une
hausse de la retraite minimale et des compensations financières.
Source
: AFP |