| Proche-Orient:
Abbas veut une paix négociée, la violence fait rage
Mahmoud
Abbas, intronisé samedi président de l'Autorité
palestinienne, a prôné la paix avec Israël,
alors que des affrontements sanglants avec l'armée
israélienne se produisaient à nouveau dans la
bande de Gaza.
Mais
ces déclarations n'ont pas convaincu Israël. "Nous
sommes déçus par les déclarations ambiguës
de Mahmoud Abbas et surtout par le fait qu'il n'a pas exprimé
la moindre intention de combattre le terrorisme", a déclaré
un porte-parole gouvernemental.
Dans la bande de Gaza que le gouvernement israélien
entend évacuer en juin, sept Palestiniens ont été
tués par des tirs israéliens au surlendemain
d'une attaque palestinienne qui a coûté la vie
à six civils israéliens au point de passage
de Karni, entre la bande de Gaza et Israël.
"Nous
resterons engagés vis-à-vis du choix stratégique
de l'OLP: le choix de parvenir à une paix juste et
de réaliser nos objectifs nationaux par des négociations",
a affirmé M. Abbas.
Il a prêté serment en posant une main sur le
Coran, devant le Conseil législatif palestinien (CLP-
Parlement) à Ramallah, en Cisjordanie, moins d'une
semaine après avoir remporté haut la main l'élection
présidentielle, un scrutin qui avait réveillé
des espoirs d'un règlement négocié.
Il
a réaffirmé son engagement à l'égard
de la "Feuille de route", un plan de paix pour une
solution négociée au conflit, qui prévoit
la fin de la colonisation et la création d'un Etat
palestinien.
M.
Abbas a par ailleurs annoncé qu'il reconduisait Ahmad
Qoreï au poste de Premier ministre, en vue de la formation
d'un nouveau gouvernement.
"Nous
cherchons à parvenir à un cessez-le-feu mutuel
pour mettre fin à ce cercle vicieux" de violence,
a souligné M. Abbas.
Le
Hamas, le plus important mouvement islamique palestinien n'a
pas écarté un tel cessez-le-feu mais exigé
qu'Israël mette mis fin à ses "agressions".
M.
Abbas doit se rendre lundi à Gaza pour relancer les
pourparlers avec les groupes armés palestiniens sur
un tel cessez-le-feu, selon le ministre palestinien des Affaires
étrangères, Nabil Chaath.
Mais
une trêve paraissait plus éloignée que
jamais après l'attaque de Karni menée par le
Hamas et des groupes armés liés au Fatah, le
mouvement de Mahmoud Abbas.
En
réaction, Israël a gelé les contacts avec
l'Autorité palestinienne, fermé jusqu'à
nouvel ordre tous les passages frontaliers vers la bande de
Gaza et donné carte blanche à l'armée
pour la reprise des opérations offensives.
Le
Premier ministre israélien Ariel Sharon a décidé
en particulier de suspendre des préparatifs pour une
éventuelle rencontre avec M. Abbas.
Samedi,
l'armée a mené une vaste incursion dans la ville
de Gaza qui a coûté la vie à cinq Palestiniens,
civils ou combattants, et en a blessé quatorze autres,
dont une fillette de six ans, selon des sources médicales.
Cette
incursion, selon l'armée a pour but de stopper les
tirs de mortiers et roquettes.
A
Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, deux Palestiniens
ont été tués et dix blessés, dont
deux grièvement, par des tirs israéliens en
direction de jeunes qui s'étaient approchés
d'une position israélienne.
Ces
décès portent à 4.703 le nombre de personnes
tuées depuis le début de l'Intifada en septembre
2000, dont 3.649 Palestiniens et 979 Israéliens.
Par
ailleurs, deux enfants d'une implantation israélienne
ont été blessés, l'un d'eux âgé
de sept ans perdant une main, par l'explosion d'une roquette
tirée par des Palestiniens contre la colonie de Netzarim,
dans le nord de la bande de Gaza.
Une
autre roquette s'abattant sur la ville israélienne
de Sdérot, près de la bande de Gaza, a grièvement
blessé une Israélienne d'une vingtaine d'années.
En
visite dans les territoires palestiniens, le ministre japonais
des Affaires étrangères Nobutaka Machimura a
dénoncé l'attaque meurtrière au point
de passage de Karni et déclaré "regretter"
la décision de M. Sharon de geler les contacts avec
les Palestiniens.
Source
: AFP |