| Irak:
la violence ne faiblit pas, le gouvernement annonce un plan
de sécurité La
violence ne faiblit pas en Irak à quinze jours des
élections générales prévues le
30 janvier alors que le gouvernement irakien a annoncé
samedi un plan de sécurité drastique pour cette
date.
Cinq
soldats irakiens et un policier ont été tués
dans trois attaques séparées dans les régions
de Samarra et de Kirkouk dans le nord de l'Irak tandis qu'un
Marine américain a été tué au
combat au sud de Bagdad.
Un autre soldat américain avait été tué
auparavant et trois autres blessés dans une attaque
à la bombe contre leur convoi à Mossoul (nord).
Le
dernier bilan du Pentagone fait état de 1.357 soldats
tués au combat depuis l'invasion américaine
de l'Irak en mars 2003.
A Bagdad, deux personnes ont été blessées
par la chute de trois obus sur un poste de police à
l'entrée de la "Zone verte", secteur ultra-protégé
de la capitale où se trouvent l'ambassade des Etats-Unis
et le siège du gouvernement irakien.
Par
ailleurs, 13 corps d'Irakiens portant des impacts de balles
tirées à bout portant ont été
retrouvés samedi dans la région de Latifiya,
à 40 km au sud de Bagdad, selon des témoins.
La découverte de corps de personnes assassinées
et accusées de collaboration avec les forces d'occupation
américaines est devenu un phénomène quasi-quotidien
en Irak.
Le
groupe islamiste Ansar al-Sunna, lié au réseau
terroriste Al-Qaïda, a revendiqué quant à
lui l'enlèvement de quinze soldats irakiens, à
l'ouest de Bagdad, dans un communiqué publié
sur son site internet.
Face
à cette généralisation de la violence,
le gouvernement irakien a annoncé un plan de sécurité
drastique pour le 30 janvier, jour des élections générales.
"Notre
plan est de sécuriser tous les bureaux de vote et les
électeurs. Il y aura un périmètre de
sécurité et nous sommes en train d'étudier
la distance entre les centres de vote et la circulation automobile",
a déclaré le secrétaire d'Etat pour les
gouvernorats Waël Abdel Latif au cours d'une conférence
de presse à Bagdad.
"Le
plan de sécurité concerne toutes les provinces,
tous les quartiers (de la capitale) et tous les centres de
vote (....) Les mouvements des véhicules seront limités
entre et dans les provinces, et entre les différents
quartiers de la capitale", a-t-il ajouté.
M.
Abdel Latif a toutefois admis que le scrutin ne pourrait se
dérouler normalement dans quatre provinces, théâtre
de violences. Il s'agit des provinces sunnites d'Al-Anbar
(ouest), de Ninive (nord), de Salaheddine (nord) et de Diyala
(nord-est) où la rébellion est très présente.
De
leur côté, les responsables et commandants américains
à Bagdad ont déclaré s'attendre à
une vague de violence dans la capitale le 30 janvier, jour
du premier scrutin depuis la chute de Saddam Hussein.
"Si
un terroriste a réussi à pénétrer
dans le camp à Mossoul, à faire exploser une
bombe et à tuer des soldats américains, il est
certain qu'un insurgé va faire tout son possible pour
pénétrer" dans un bureau de vote, a souligné
devant la presse le général Joffrey Hammond,
commandant-adjoint des forces américaines dans la capitale.
Il faisait allusion à l'attentat suicide qui a coûté
la vie à 22 personnes, dont 14 soldats américains,
le 21 décembre, dans un camp militaire de cette ville
du nord de l'Irak.
Un
haut responsable de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad,
qui a requis l'anonymat, a estimé que dans les quartiers
de l'est et de l'ouest de la capitale, le taux de participation
serait probablement faible en raison des menaces des insurgés.
Des
partisans de Moqtada Sadr ont fait entendre leur voix sur
la crise de l'énergie en Irak dans une démonstration
de force avant le scrutin du 30 janvier auquel ne participe
pas le mouvement du chef chiite radical.
Ils
ont défilé dans les rues de Kout, de Bassorah,
d'Amara et de Kerbala, villes chiites du sud du pays, en brandissant
des posters du jeune chef et des lampes à pétrole
ou des bougies et demandant aux autorités de résoudre
la crise de l'énergie.
Jeudi,
le ministre irakien du Pétrole Thamer Ghadbane avait
expliqué la crise de l'énergie par un plan concerté
de la rébellion pour détruire les infrastructures
pétrolières, ce qui entraîne des coupures
de courant et des pénuries de carburant.
L'Irak
possède les secondes plus importantes réserves
de pétrole prouvées au monde, mais les attaques
répétées de la guérilla ont frappé
durement cette industrie vitale et privé les Irakiens
d'électricité et d'essence.
Aux
Etats-Unis, le soldat américain Charles Graner, principal
responsable présumé des sévices dans
la prison irakienne d'Abou Ghraib, a été déclaré
coupable de mauvais traitements par une Cour martiale.
Il
risque une peine de 15 ans de prison et une radiation de l'armée.
Dans un long plaidoyer pro domo dans l'attente de sa sentence,
il a exprimé pour la première fois des remords.
Le
scandale de la prison d'Abou Ghraib avait éclaté
au printemps dernier avec la publication de photos de prisonniers
humiliés par des soldats américains.
Le
gouvernement portugais a confirmé samedi le retrait
de ses quelque 120 gendarmes déployés en Irak
le 12 février, après les élections irakiennes,
tout en indiquant que son soutien à la coalition se
poursuivrait "sous une forme différente".
Par
ailleurs, selon un rapport du British Museum, les armées
américaine et polonaise ont causé des "dégâts
substantiels" sur le site de l'antique cité de
Babylone en Irak.
Dans
son rapport, John Curtis, conservateur du département
du Proche-Orient ancien du célèbre musée
britannique, appelle à la mise en place d'une mission
d'enquête internationale regroupant des archéologues
choisis par les Irakiens afin de dresser l'inventaire des
dégâts infligés au site de Babylone par
les militaires américains et polonais.
Source
: AFP |