| L'aide
toujours en phase d'urgence en Indonésie
Trois
semaines après le tsunami, qui a ravagé la côte
nord-ouest de l'île indonésienne de Sumatra,
la plus grosse opération humanitaire de l'histoire
est encore dans une phase d'urgence pour ramasser les corps
comme pour recenser, héberger, nourrir et soigner les
centaines de milliers de réfugiés.
Selon
le gouvernement indonésien, la vague meurtrière
du 26 décembre a tué 110.000 personnes et déplacé
700.000 survivants. Personne ne sait exactement combien d'entre
eux attendent encore de l'aide, sur la côte entre Banda
Aceh et Meulaboh, frappée de plein fouet sur une distance
de 250 kilomètres.
L'opération
pilotée par l'ONU bénéficie d'un soutien
logistique important, en particulier de l'armée américaine.
Le numéro deux du Pentagone Paul Wolfowitz s'est rendu
à Banda Aceh samedi, après avoir visité
la Thaïlande, pour se rendre compte des conditions d'intervention
des soldats américains.
Dans
les deux pays, il assuré que les troupes américaines
repartiraient "aussi vite que nous le pourrons",
répondant au souhait des autorités indonésiennes
de voir les troupes étrangères quitter rapidement
le pays.
Les
organisations humanitaires préviennent pourtant que
beaucoup de travail reste à faire, avant même
d'aborder la phase de reconstruction.
"Nous
n'atteignons pas encore tous les survivants, mais chaque jour
davantage", a affirmé samedi à l'AFP Gerald
Bourke, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM),
maître d'oeuvre de la distribution de riz et de pâtes
aux réfugiés, en attendant de l'huile et du
poisson dans les prochains jours.
"Nous
avons estimé que jusqu'à présent, il
y avait 400.000 personnes dans le besoin, dont 300.000 sont
aidés par le PAM et ses partenaires. Ce n'est pas un
chiffre définitif. Nous nous attendons à toucher
environ 600.000 personnes dans une semaine à dix jours",
continue Gerald Bourke.
De
son côté, le Haut commissariat aux réfugiés
(HCR) a annoncé samedi qu'il allait fournir des tentes
à 100.000 réfugiés pour une aide d'urgence
de six mois avant d'envisager la reconstruction ou la réparation
des habitations détruites.
"C'est
notre évaluation de départ. Ce chiffre sera
révisé", a indiqué à la presse
Mans Nyberg, porte-parole du HCR.
"Jusqu'à
présent, il s'agit d'une opération d'urgence
typique", a-t-il ajouté, précisant que
l'aide continue de s'organiser. Lundi, le HCR va ainsi ouvrir
un pont aérien entre Medan et Banda Aceh en direction
de la côte ouest. Mis à la disposition du HCR
par l'armée suisse, trois hélicoptères
vont arriver lundi.
Après
la nourriture et l'hébergement, la prévention
des épidémies, type paludisme, est un souci
constant.
"Nous
avons eu de la chance jusqu'à présent, car nous
n'avons pas observé d'épidémie importante",
a affirmé à l'AFP un médecin de l'organisation
mondiale de la Santé (OMS) présent à
Banda Aceh, Thomas Grein.
Médecins
sans frontières (MSF) a fait état d'une soixantaine
de cas de tétanos. "Les infections ont lieu quand
les gens cherchent des corps ou des objets dans les décombres",
explique MSF, qui affirme que le nombre de cas est en augmentation
avec un "taux de mortalité d'environ 25%".
"La
plupart des cas de tétanos peuvent être attribués
aux blessures massives subies par les gens pendant le tsunami.
Nous ne pouvons pas exclure que les gens se blessent en nettoyant
maisons ou rues, et comme leur immunité est très
basse, il y a bien sûr un risque de tétanos",
confirme le médecin de l'OMS.
Vingt
jours après la plus grande catastrophe naturelle de
l'histoire, les sauveteurs indonésiens continuent de
ramasser des corps. A Meulaboh, 67 corps ont encore été
récupérés vendredi, alors que le nombre
était de 400 à 500 quotidiennement en début
de semaine.
Source
: AFP |