| L'ancien
dirigeant réformiste chinois Zhao Ziyang plongé dans un coma
profond L'ancien
dirigeant réformiste Zhao Ziyang, limogé en
1989 après avoir sympathisé avec des étudiants
en grève de la faim sur la place Tiananmen, est plongé
depuis vendredi dans un coma profond et sa disparition ne
serait qu'une question d'heures, selon une organisation de
défense des droits de l'Homme.
L'ex-patron
du Parti communiste chinois (PCC), âgé de 85
ans, est tombé dans le coma vendredi vers 19h00 (11H00
GMT) et "à 18h30 (10H30 GMT) ce soir (samedi),
il était encore dans le coma", selon un proche
parent de M. Zhao cité par le Centre d'information
sur les droits de l'Homme et la démocratie en Chine.
"Les
médecins ne sont pas optimistes sur son état.
L'hôpital fait tout ce qu'il peut", a ajouté
ce proche peu après 20H00 (12H00), selon Frank Lu,
le directeur du Centre d'information basé à
Hong Kong.
Le
seul dignitaire du régime qui s'est rendu à
son chevet a pour l'instant été Tian Jiyun,
un ancien associé de M. Zhao au sein du Bureau politique,
a encore rapporté l'organisation de défense
des droits de l'Homme qui a appelé le Premier ministre
Wen Jiabao se rendre lui aussi au chevet du malade.
M.
Wen avait été le bras droit de M. Zhao lorsque
celui celui-ci était secrétaire général
du PCC de 1987 à 1989. Il l'avait accompagné
lorsqu'il s'était rendu sur la place Tiananmen le 19
mai 1989 pour demander aux étudiants d'arrêter
leur grève de la faim tout en promettant que le gouvernement
ne fermerait pas la porte au dialogue.
Zhao
Ziyang n'est plus jamais reparu en public depuis cette date.
Accusé d'avoir "soutenu les émeutes",
il avait été limogé le 24 juin 1989 et
placé en résidence surveillée avec interdiction
de rencontrer des étrangers ou ses anciens collaborateurs.
Wen
Jiabao a de son côté continué son ascension
au sein du régime et a défendu à plusieurs
reprises, depuis qu'il été nommé Premier
ministre en mars 2003, le verdict du parti qualifiant le mouvement
pro-démocratique de "contre-révolutionnaire"
et justifiant la répression au nom de l'intérêt
supérieur du Parti et du pays.
Mais
les nouveaux dirigeants chinois, notamment le chef du parti
et de l'Etat, Hu Jintao, font face à une forte pression
de la part de certains intellectuels, y compris des membres
du PCC, pour réviser ce jugement.
L'annonce
de la mort de Zhao, rapportée prématurément
mardi par des journaux de Hong Kong et qui avait été
vite démentie par ses proches, avait obligé
le gouvernement chinois à faire une rare mention de
M. Zhao en indiquant que l'ancien dirigeant avait récemment
reçu des soins.
L'information
n'avait cependant pas été rapportée dans
la presse chinoise, qui ne parle jamais de l'ancien dirigeant.
Le
téléphone de son ancien secrétaire particulier,
Bao Tong, est systématiquement coupé par les
autorités chinoises qui craignent que la mort de Zhao
Ziyang ne relance les revendications sur une réhabilitation
du mouvement de Tiananmen et le débat sur des réformes
politiques.
Les
dirigeants chinois promettent aujourd'hui la construction
d'un Etat de droit mais celle-ci se heurte toujours à
la volonté de maintenir le rôle dirigeant du
PCC sur les affaires publiques.
Dès
les années 80, Zhao Ziyang et Hu Yaobang, l'autre chef
de file des réformateurs dont la mort avait déclenché
le mouvement de la place Tiananmen en avril 1989, demandaient
une division plus claire entre le rôle du Parti et celui
du gouvernement.
Source
: AFP |