| Tsunamis:
l'Onu va nommer un envoyé spécial pour coordonner l'aide
L'Onu
va nommer un envoyé spécial chargé de
coordonner l'aide aux victimes des raz-de-marée du
26 décembre dans l'Océan Indien, qui ont fait
plus de 160.000 morts, a annoncé le secrétaire
général des Nations unies, Kofi Annan, vendredi
à Port-Louis.
"Afin
d'assurer le maximum de cohérence et de coordination
de l'aide et des efforts de reconstruction, j'ai décidé
de nommer un envoyé spécial", a déclaré
M. Annan lors d'une conférence de presse à l'occasion
de la réunion de l'Onu sur les petites îles en
développement. "J'espère le nommer d'ici
la fin de la semaine prochaine", a-t-il ajouté.
Une
conférence sur la prévention des catastrophes
naturelles doit se tenir du 18 au 22 janvier à Kobé
(Japon).
Le
secrétaire général de l'Onu a aussi salué
une nouvelle fois la "réponse généreuse"
de la communauté internationale après les raz-de-marée.
"Il y a un nouveau phénomène, il y a de
nouveaux donneurs. Ce ne sont pas nécessairement des
pays, (...) mais aussi des personnes qui ont été
touchées par les souffrances" des habitants de
l'océan Indien frappés par les raz-de-marée,
s'est réjoui M. Annan.
"J'espère
que nous allons trouver un moyen de capturer cet esprit de
générosité, cet esprit qui consiste à
venir en aide à ceux qui en ont besoin", a-t-il
poursuivi. "Alors que l'attention du monde se porte sur
l'après-tsunami, nous ne devons pas oublier les graves
crises humanitaires qui se déroulent dans d'autres
endroits du monde", a-t-il insisté.
"Nous
avons des crises horribles où nous n'arrivons pas à
collecter toute l'argent dont nous avons besoin. Nous serons
chanceux si on obtient 15% de l'argent nécessaire",
a-t-il expliqué.
M.
Annan a par ailleurs "appuyé sans réserve"
la proposition du président français Jacques
Chirac de mettre en place une force humanitaire pour faire
face aux catastrophes naturelles.
Les
Nations unies ont souhaité jeudi que l'Indonésie
lève les restrictions imposées aux armées
étrangères venues aider les victimes des tsunamis
de la province d'Aceh, en estimant que des vies sont en jeu.
Le séisme et les tsunamis du 26 décembre ont
fait plus de 110.000 morts et 700.000 sans-abri pour la seule
Indonésie, notamment le long de la côte ouest
de la province d'Aceh.
"Je
suis sûr que le gouvernement indonésien sera
d'accord avec moi pour dire que la chose la plus importante
est de sauver des vies et non d'imposer des dates limites
de départ" aux armées concernées,
a déclaré Jan Egeland, coordinateur de l'Onu
pour l'aide d'urgence au cours d'une vidéo-conférence
depuis New York.
Mercredi,
le vice-président Yusuf Kalla, cité par l'agence
officielle Antara, avait souhaité un départ
des troupes étrangères participant à
l'aide post-tsunamis dans la province rebelle d'Aceh (nord
de l'île de Sumatra) le plus vite possible et au terme
d'un maximum de trois mois.
"Trois
mois, c'est suffisant. En fait, le plus tôt sera le
mieux", avait dit M. Kalla, interrogé sur la durée
souhaitable de la mission des militaires étrangers
en Indonésie. Il a estimé que son pays n'aurait
bientôt plus besoin de troupes étrangères,
mais plutôt de médecins et d'ingénieurs.
L'armée
indonésienne a annoncé jeudi l'envoi de plusieurs
milliers d'hommes en renfort dans la province d'Aceh, attestant
de son intention de resserrer son contrôle sur les opérations
humanitaires.
Les
trois premiers hélicoptères provenant du navire
français la "Jeanne d'Arc" sont arrivés
vendredi vers 07H30 locales (00H30 GMT) à l'aéroport
de Banda Aceh (nord de l'Indonésie).
Deux
Puma et une Alouette, qui avaient décollé environ
vingt minutes plus tôt du porte-hélicoptères
"Jeanne d'Arc", au large de Banda Aceh, se sont
posés sur cet aéroport où stationnaient
notamment des hélicoptères américains
et des avions cargos. Ils ont survolé une côte
noyée sous la boue et totalement ravagée où
sur des kilomètres de long pas une habitation, pas
un champ et pas une route n'ont résisté au raz-de-marée
du 26 décembre.
Le
lieutenant-colonel Charles-Marie Huot, chef du détachement
de liaison à Banda Aceh a précisé à
l'AFP que "cinq autres hélicoptères français,
des Puma, doivent arriver dans la journée à
Banda Aceh", complétant le dispositif militaire
français en Indonésie.
Arrivés
à bord des trois hélicoptères de la "Jeanne
d'Arc", des officiers français ont commencé
à prendre contact avec les autorités militaires
locales indonésiennes pour préciser les conditions
de l'acheminement de l'aide humanitaire effectuée par
la France et le déroulement des rotations avec la "Jeanne
d'Arc".
En
fonction des besoins qu'exprimeront les autorités locales,
les Français pourront effectuer des campagnes de vaccination,
distribuer de l'aide humanitaire et remettre en état
des infrastructures détruites par le raz-de-marée
du 26 décembre.
Les
Français ont notamment identifié une vingtaine
d'endroits, entre Banda Acech et Meulaboh, où ils peuvent
apporter de l'aide humanitaire. Ces villages côtiers
sont inaccessibles car ils sont adossés à une
barrière montagneuse qui atteint par endroits 3.000
mètres d'altitude, et dont les voies d'accès
sont détruites.
En
Thaïlande, le ministère de l'Intérieur
thaïlandais a augmenté de 931 personnes vendredi
le bilan des morts étrangers confirmés après
le tsunami, qui passe ainsi de 1.240 à 2.171 personnes.
Le total des morts confirmés n'a pas évolué,
à 5.313, et seul celui des étrangers a brutalement
progressé en 24 heures, celui des Thaïlandais
n'augmentant que de cinq personnes, à 1.733.
Source
: AFP |