| Tsunami:
l'Onu souhaite que l'Indonésie lève ses restrictions sur l'aide
Les
Nations unies ont souhaité jeudi que l'Indonésie
lève les restrictions imposées aux armées
étrangères venues aider les victimes des tsunamis
de la province d'Aceh, en estimant que des vies sont en jeu.
Le
séisme et les tsunamis du 26 décembre ont fait
plus de 110.000 morts et 700.000 sans-abri pour la seule Indonésie,
notamment le long de la côte ouest de la province d'Aceh.
"Je
suis sûr que le gouvernement indonésien sera
d'accord avec moi pour dire que la chose la plus importante
est de sauver des vies et non d'imposer des dates limites
de départ" aux armées concernées,
a déclaré Jan Egeland, coordinateur de l'Onu
pour l'aide d'urgence au cours d'une vidéo-conférence
depuis New York.
Mercredi,
le vice-président Yusuf Kalla, cité par l'agence
officielle Antara, avait souhaité un départ
des troupes étrangères participant à
l'aide post-tsunamis dans la province rebelle d'Aceh (nord
de l'île de Sumatra) le plus vite possible et au terme
d'un maximum de trois mois.
"Trois
mois, c'est suffisant. En fait, le plus tôt sera le
mieux", avait dit M. Kalla, interrogé sur la durée
souhaitable de la mission des militaires étrangers
en Indonésie. Il a estimé que son pays n'aurait
bientôt plus besoin de troupes étrangères,
mais plutôt de médecins et d'ingénieurs.
L'armée
indonésienne a annoncé jeudi l'envoi de plusieurs
milliers d'hommes en renfort dans la province d'Aceh, attestant
de son intention de resserrer son contrôle sur les opérations
humanitaires.
Un
porte-parole de l'armée indonésienne, le général
Syafrie Syamsuddin, a indiqué à Banda Aceh qu'environ
10.000 hommes seraient envoyés à Aceh, portant
les effectifs à environ 50.000 hommes. Ils seront selon
lui exclusivement affectés à des tâches
humanitaires.
Interrogé
sur la possibilité que ces militaires soient également
utilisés dans des opérations contre les séparatistes
qui luttent pour l'indépendance de la province d'Aceh,
le porte-parole a affirmé: "Non, non, non, bien
sûr que non". Car la province d'Aceh, qui déplore
plus de 110.000 morts dans la tragédie et où
plus de 700.000 personnes sont déplacées, est
aussi le théâtre depuis 1976 de violents affrontements
entre l'armée et une guérilla indépendantiste,
le GAM (Mouvement Aceh Libre).
Les
trois premiers hélicoptères provenant du navire
français la "Jeanne d'Arc" sont arrivés
vendredi vers 07H30 locales (00H30 GMT) à l'aéroport
de Banda Aceh (nord de l'Indonésie).
Deux
Puma et une Alouette, qui avaient décollé environ
vingt minutes plus tôt du porte-hélicoptères
"Jeanne d'Arc", au large de Banda Aceh, se sont
posés sur cet aéroport où stationnaient
notamment des hélicoptères américains
et des avions cargos. Ils ont survolé une côte
noyée sous la boue et totalement ravagée où
sur des kilomètres de long pas une habitation, pas
un champ et pas une route n'ont résisté au raz-de-marée
du 26 décembre.
Ces
appareils doivent emporter à bord de la "Jeanne
d'Arc" une équipe d'une vingtaine de membres de
la Sécurité civile française ainsi qu'environ
1,5 tonne de fret, à l'aide de rotations au long de
la journée. Ils doivent également emporter à
bord le commandement de l'opération française
"Beryx" d'aide à l'Asie du sud-est, avant
de rejoindre la ville de Meulaboh, à environ 200 km
au sud.
Le
lieutenant-colonel Charles-Marie Huot, chef du détachement
de liaison à Banda Aceh a précisé à
l'AFP que "cinq autres hélicoptères français,
des Puma, doivent arriver dans la journée à
Banda Aceh", complétant le dispositif militaire
français en Indonésie.
Arrivés
à bord des trois hélicoptères de la "Jeanne
d'Arc", des officiers français ont commencé
à prendre contact avec les autorités militaires
locales indonésiennes pour préciser les conditions
de l'acheminement de l'aide humanitaire effectuée par
la France et le déroulement des rotations avec la "Jeanne
d'Arc".
En
fonction des besoins qu'exprimeront les autorités locales,
les Français pourront effectuer des campagnes de vaccination,
distribuer de l'aide humanitaire et remettre en état
des infrastructures détruites par le raz-de-marée
du 26 décembre.
Les
Français ont notamment identifié une vingtaine
d'endroits, entre Banda Acech et Meulaboh, où ils peuvent
apporter de l'aide humanitaire. Ces villages côtiers
sont inaccessibles car ils sont adossés à une
barrière montagneuse qui atteint par endroits 3.000
mètres d'altitude, et dont les voies d'accès
sont détruites.
En
Thaïlande, le ministère de l'Intérieur
thaïlandais a augmenté de 931 personnes vendredi
le bilan des morts étrangers confirmés après
le tsunami, qui passe ainsi de 1.240 à 2.171 personnes.
Le total des morts confirmés n'a pas évolué,
à 5.313, et seul celui des étrangers a brutalement
progressé en 24 heures, celui des Thaïlandais
n'augmentant que de cinq personnes, à 1.733.
Source
: AFP |