| La
lutte contre le paludisme commence dans la province d'Aceh
Des
vaporisations d'insecticide ont commencé vendredi dans
les camps de réfugiés de la province indonésienne
d'Aceh dans le but d'éviter une épidémie
de paludisme qui pourrait faire jusqu'à 100.000 morts.
De leur côté, les autorités indonésiennes
disent vouloir obtenir une trêve permanente avec les
séparatistes de la province, la plus touchée
par la catastrophe.
Le
secrétaire général des Nations unies
Kofi Annan a annoncé vendredi qu'il nommerait la semaine
prochaine un émissaire spécial chargé
de coordonner l'aide aux pays touchés et l'effort de
reconstruction. Il n'a pas précisé en quoi son
rôle différerait de celui du coordonnateur des
secours d'urgence de l'ONU Jan Egeland.
Plus
de 157.600 personnes au moins ont péri dans le séisme
suivi d'un tsunami qui a touché 11 pays de l'océan
Indien le 26 décembre. Les deux-tiers d'entre elles
se trouvaient dans la province d'Aceh, dans le nord-ouest
de l'île indonésienne de Sumatra.
Beaucoup
des plus de 110.000 victimes d'Aceh ne seront jamais identifiées,
a prévenu vendredi le patron d'Interpol, qui coordonne
un effort international d'identification sans précédent.
Environ 70.000 d'entre elles ont déjà été
inhumées, dont beaucoup dans des fosses communes. Il
faudra des mois pour terminer les identifications, a estimé
le secrétaire général de l'agence de
police internationale, Ronald Koble.
L'aide
internationale à Aceh reste délicate en raison
de la situation de cette province déchirée par
un conflit séparatiste depuis 30 ans. En visite dans
la capitale de la province, Banda Aceh, le vice-président
indonésien Jusuf Kalla a assuré que son gouvernement
travaillait à un cessez-le-feu complet avec les séparatistes.
Les chefs en exil en Suède ont décrété
une trêve unilatérale le jour de la catastrophe
et ont appelé ces derniers jours à des pourparlers
de paix.
Mais
malgré ses déclarations sur un cessez-le-feu,
le gouvernement indonésien commence à donner
des signes de vouloir restreindre à nouveau l'accès
à Aceh. Il a demandé ces derniers jours que
les personnels humanitaires étrangers à Aceh
soient accompagnés par des escortes militaires. Djakarta
a également répété vendredi que
les troupes étrangères devraient avoir quitté
le pays avant la fin mars.
Les
Etats-Unis qui ont envoyé des milliers d'hommes dans
la région ont dit ne pas avoir reçu d'indication
sur une telle date limite. Le numéro deux du Pentagone,
le département américain de la Défense,
Paul Wolfowitz, devait se rendre samedi en Thaïlande
pour discuter des efforts d'aide. Il devrait ensuite se rendre
dans la province d'Aceh, selon un responsable de l'ambassade
américaine à Bangkok. Un autre responsable américain
à Washington précisait qu'environ 92 millions
de dollars avaient été dépensés
jusqu'à présent sur les 350 promis par les Etats-Unis.
Côté
français, le "Jeanne-d'Arc" et le "Georges-Leygues"
sont arrivées au large d'Aceh, selon la ministre française
de la Défense Michèle Alliot-Marie. Le porte-hélicoptères
français et sa frégate devaient atteindre dans
la soirée Meulaboh, le secteur attribué à
l'armée française. Les deux bâtiments,
qui emportent deux hélicoptères Puma gros porteurs
et quatre hélicoptères plus légers, doivent
apporter "d'abord de l'assistance médicale"
grâce à "une dizaine d'équipes médicales
mobiles".
Près
de trois semaines après la catastrophe, les organisations
humanitaires expliquent que des blessés dans les secteurs
les plus isolés n'ont toujours pas été
soignés. Non traitées, les blessures s'infectent
horriblement, a averti Joel Salinikio de l'ONG américaine
International Rescue Committee, dont une équipe est
rentrée vendredi du village de Paya Seumantok.
Par
ailleurs, si le spectre du choléra et de la dysenterie
s'estompe au fur et à mesure que de l'eau potable est
acheminée aux rescapés, la menace du paludisme
et de la dengue augmente.
Des
petites unités armées de fusils vaporisant de
l'anti-moustique ont commencé vendredi à traiter
les camps de réfugiés. Elles prévoyaient
de couvrir près de huit camps installés autour
de Banda Aceh, la capitale de la province. Mais le gros de
l'opération ne commencera pas avant au moins deux jours,
des problèmes bureaucratiques ayant bloqué la
majeure partie de l'insecticide à Djakarta, selon Mentor
Initiative, un organisme de santé public chargé
de la lutte contre le paludisme en Indonésie.
Au
Sri Lanka, plus de 25.000 personnes déplacées
par la catastrophe ont quitté les camps de réfugiés
au cours des dernières 24 heures, selon le Haut commissariat
des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Elles
partent pour reconstruire leurs villages en ruines et retourner
là où elles habitaient pour s'assurer d'être
reconnus comme le propriétaires, a expliqué
Neil Wright, un responsable de l'agence onusienne.
Source
: AP |