| Israël
réfléchit à sa riposte après l'attentat de Karni
Les
autorités iraéliennes ont bouclé vendredi
la Bande de Gaza, après un attentat suicide qui a coûté
la vie à six civils israéliens la veille au
soir, tout en s'abstenant pour l'heure de toute riposte d'ampleur.
L'Etat hébreu entend ainsi laisser au nouveau président
de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas une chance
de réprimer les groupes radicaux.
Outre
six Israéliens, trois Palestiniens ont été
tués au point de passage de Karni jeudi soir. L'attaque
au camion piégé a été revendiquée
par trois groupes armés, dont les Brigades des martyrs
d'Al-Aqsa, organisation proche du Fatah de Mahmoud Abbas,
ainsi que par le Hamas, le Mouvement de la résistance
islamique.
En
réaction, Israël a fermé les points de
passage de Karni et d'Erez, isolant largement la Bande de
Gaza. Le point de passage de Rafah, plus au sud, avait été
interdit à la circulation le mois dernier à
la suite d'un attentat qui avait coûté la vie
à cinq soldats israéliens.
Ces
fermetures ajoutent aux restrictions que subissent déjà
les Palestiniens à quelques semaines de l'Aïd
al-Adha (ou Aïd el-Kébir), la plus grande fête
musulmane, durant laquelle chaque famille sacrifie traditionnellement
un mouton.
L'attentat
de Karni constitue le premier défi lancé par
les Palestiniens radicaux à Mahmoud Abbas, qui s'est
prononcé pour un arrêt des violences et pour
une reprise des négociations de paix. Israël et
les Etats-Unis ont d'ores et déjà averti que
le nouveau dirigeant palestinien, qui doit prêter serment
samedi, serait jugé sur ses actes.
Sami
Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, a affirmé que l'attaque
de jeudi soir était "un message pour l'ennemi
israélien, pas du tout pour Abou Mazen". Il a
ajouté que des rencontres étaient prévues
avec le président Abbas pour "organiser la maison
palestinienne". De son côté, le chef du
mouvement islamiste en Cisjordanie, Hassan Youssef, n'a pas
exclu une suspension des actions armées dans le cadre
d'un accord interpalestiniens.
Mahmoud
Abbas a condamné l'attentat mais aussi les opérations
militaires israéliennes des derniers jours, considérant
que les deux événements "ne favorisent
pas le processus de paix". Selon le député
arabe israélien Taleb al-Sana, qui l'a rencontré
vendredi, le président-élu palestinien reste
néanmoins déterminé à convaincre
les groupes armés à renoncer à la violence.
M.
Al-Sana a ajouté, sur les ondes de la radio de l'armée
israélienne, que Mahmoud Abbas acceptait mal d'être
tenu pour responsable des attentats avant même d'être
officiellement investi.
Le
ministre israélien de la Justice, Tzipi Livni, a laissé
entendre vendredi qu'Israël donnerait du temps à
Mahmoud Abbas pour traiter avec les militants extrémistes.
"Afin de prévenir la prochaine attaque, nous devons
renforcer (la position) de dirigeant d'Abou Mazen (Mahmoud
Abbas)", en nous appuyant "sur l'hypothèse
qu'il peut contrôler les groupes terroristes",
a-t-il déclaré à la radio de Tsahal.
Le
ministre israélien du Logement, Yitzhak Herzog, a toutefois
averti que la patience de l'Etat hébreu avait des limites.
"Israël n'acceptera pas que la terreur se poursuive
à l'encontre de civils innocents. Abou Mazen ne bénéficiera
pas d'un état de grâce de 100 jours", a-t-il
ajouté lors des obsèques d'une des victimes
de l'attentat de Karni.
Source
: AP |