| Israël
gèle les contacts avec les Palestiniens après une attaque meurtrière
Le
Premier ministre israélien Ariel Sharon a gelé
vendredi jusqu'à nouvel ordre les contacts avec les
Palestiniens après une attaque meurtrière, ruinant
les espoirs d'une relance rapide des négociations nés
de l'élection de Mahmoud Abbas.
Cette
décision intervient à la veille de la prestation
de serment de M. Abbas, élu dimanche à la tête
de l'Autorité palestinienne.
"Le Premier ministre a décidé de geler
tous les contacts, à tous les niveaux y compris sécuritaires,
tant que les Palestiniens continueront à ne rien faire
contre le terrorisme", a annoncé à l'AFP
Assaf Shariv, conseiller pour les médias de M. Sharon.
Jeudi
soir, six Israéliens ont été tués
dans un attentat palestinien au point de passage de Karni,
entre Israël et la bande de Gaza. L'attaque, qui a fait
aussi cinq blessés et coûté la vie à
ses trois auteurs, est la plus meurtrière depuis l'élection
de M. Abbas.
"La période de grâce que nous avions accordée
à Mahmoud Abbas est finie et il n'est plus question,
pour au moins un bon moment, d'une rencontre entre lui et
le Premier ministre", a prévenu M. Shariv.
Le
ministre palestinien chargé des négociations
Saëb Erakat a critiqué cette décision.
"Nous
rejetons ce gel des contacts décidé par Israël
ainsi que les critiques adressées au président
Mahmoud Abbas alors qu'il n'entrera officiellement en fonction
que samedi", a affirmé à M. Erakat à
l'AFP.
"Le
meilleur moyen de relancer le processus de paix n'est pas
de geler (les contacts) mais au contraire de les reprendre",
a-t-il ajouté.
Un
autre conseiller de M. Sharon, Raanan Gissin, a pour sa part
précisé que l'armée israélienne
avait "les mains libres pour lancer des opérations
car les responsables palestiniens, bien qu'ils disposent de
30.000 hommes armés dans la bande de Gaza, n'ont pas
levé le petit doigt pour empêcher les terroristes
d'agir et de tuer des Israéliens".
La
télévision publique a précisé
que l'état-major a reçu "carte blanche"
pour lancer une "vaste opération" dans la
bande de Gaza contre les groupes armés et reprendre
les opérations de "liquidations ciblées"
contre des Palestiniens impliqués "dans le terrorisme".
Israël
avait déjà fermé jusqu'à nouvel
ordre tous les passages frontaliers entre la bande de Gaza
et l'extérieur.
"Nous
ne permettrons sous aucun prétexte que des Israéliens
continuent à être tués et que le retrait
de la bande de Gaza (prévu cette année) se fasse
sous le feu", a ajouté M. Gissin.
Il
a précisé à l'AFP que M. Sharon et ses
proches collaborateurs avaient transmis ce message à
des responsables européens, britanniques, américains,
ainsi qu'à M. Erakat.
M.
Sharon avait appelé mardi Mahmoud Abbas pour le féliciter
après son élection et tous deux avaient "convenus
de se reparler prochainement", avait indiqué le
bureau du Premier ministre.
Aucune
date n'avait été avancée pour une rencontre
entre les deux hommes, mais elle devait avoir lieu dans les
prochaines semaines.
M.
Abbas a condamné l'attaque de Karni en affirmant que
"cette opération et celle de l'armée israélienne,
qui a tué neuf Palestiniens la semaine dernière,
ne contribuent pas au processus de paix".
Les
Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, liées au Fatah de M.
Abbas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée
du Hamas, et les Brigades Salaheddine, branche armée
des Comités de résistance populaire, qui regroupent
dans la bande de Gaza les principaux mouvements palestiniens,
ont revendiqué l'attaque.
Un
des dirigeants du Hamas, le principal mouvement islamiste,
Hassan Youssef, a affirmé à l'AFP que l'attaque
à Karni ne constituait pas "un message" adressé
à M. Abbas mais un "acte d'autodéfense
contre l'escalade de la violence israélienne et la
politique d'assassinats et d'incursions".
Source
: AFP |