| Washington
aide l'Irak à lutter contre la violence, et envisage son retrait
Le
gouvernement irakien et ses alliés américains
mettent en place des mesures de sécurité pour
tenter d'assurer la bonne tenue des élections du 30
janvier dans un pays ensanglanté par la violence, alors
que Washington semble envisager un début de retrait
de ses troupes dans l'année.
Avec
le renforcement de la police et de l'armée irakienne,
"la charge pour nos troupes devrait diminuer et nous
devrions commencer de voir les chiffres baisser" en 2005,
a déclaré mercredi le chef de la diplomatie
américaine Colin Powell sur la radio américaine
publique NPR.
Le
secrétaire d'Etat, ancien chef d'état-major
interarmées, est toutefois resté prudent. "Il
n'est pas possible pour le moment de dire qu'à la fin
de l'année 2005 nous aurons réduit (nos forces)
à tel ou tel chiffre", a-t-il dit.
"Cela
dépend vraiment de la situation", a ajouté
M. Powell, en affirmant "ne pas être en mesure
de donner un calendrier" pour le rapatriement des 150.000
soldats américains présents en Irak, dont 12.000
ont été envoyés en renfort pour les élections
législatives prévues le 30 janvier.
Par
ailleurs, les troupes ukrainiennes quitteront l'Irak d'ici
au 30 juin selon le plan fixé par le président
sortant Léonid Koutchma, a indiqué mercredi
le ministre de la Défense Olexandre Kouzmouk cité
par l'agence Interfax.
Sur
le terrain, la violence s'est poursuivie. Depuis mardi, au
moins 21 Irakiens et un soldat américain ont été
tués.
Un
soldat de la 1ère force expéditionnaire des
Marines a été tué mardi alors qu'il participait
à des opérations de sécurité dans
la province d'Al-Anbar (ouest), a annoncé l'armée
américaine mercredi.
Quatre
corps carbonisés d'Irakiens ont été retrouvés
dans une fourgonnette dans le quartier Jarf al-Naddaf à
Bagdad, où se sont déroulés des accrochages
entre policiers et hommes armés, a indiqué le
ministère de l'Intérieur.
Dans
le quartier d'Al-Hourriya (nord-ouest de Bagdad), quatre Irakiens
dont un soldat ont été tués mardi soir
par balles par des inconnus qui ont pris la fuite, toujours
selon le ministère de l'Intérieur. Dans le même
quartier, le lieutenant-colonel de police Mohamed Tamer Hussein
a été abattu par des inconnus mercredi après-midi,
selon la même source.
A
Baaqouba, à 60 km au nord-est de Bagdad, le directeur-adjoint
des services municipaux a été assassiné
par des hommes armés dans le quartier industriel de
la ville, a indiqué un témoin. En outre, un
officier de police a été tué et quatre
autres ont été blessés dans le sud-ouest
de la ville par un engin explosif et par des tirs, a indiqué
la police.
Dans
la région sunnite de Salahedinne, au nord de Bagdad,
huit personnes ont été tuées, dont quatre
soldats, et vingt autres blessées dans diverses attaques.
Selon le capitaine Mohammad Naji, un civil irakien a été
tué et quatre ont été blessés
lors d'échanges de tirs à Baïji, à
200 km au nord de Bagdad.
A
Doulouiyah (70 km au nord de Bagdad), trois civils ont été
tués par des soldats irakiens qui ont ouvert le feu
sur la voiture qui ne s'était pas arrêtée
à un point de contrôle.
En
outre, un soldat irakien a été tué et
quatre autres ont été blessés près
de Samarra (125 km au nord de Bagdad) dans un attaque de la
guérilla contre une patrouille de l'armée irakienne,
selon le capitaine Mohamad al-Issaoui.
A
Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, deux soldats irakiens
et plusieurs civils ont été tués dans
deux attentats à la voiture piégée, a
indiqué l'armée américaine.
Le
président américain George W. Bush et le Premier
ministre irakien Iyad Allaoui ont discuté "des
préparatifs pour les prochaines élections afin
de s'assurer que la date du 30 janvier fixée par la
commission électorale sera respectée",
a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche
Scott McClellan.
Ils
sont "déterminés à ce que l'élection
se déroule de la meilleure façon possible, avec
la plus forte participation possible", a-t-il ajouté.
Le
porte-parole a insisté sur les appels lancés
par M. Allaoui aux sunnites, dont une grande partie est tentée
de boycotter les élections. Selon M. McClellan, M.
Allaoui a dit aux sunnites: "Vous avez un rôle
important à jouer dans l'avenir de l'Irak, et le meilleur
moyen est de participer à ce scrutin".
Le
chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Massoud
Barzani, a appelé les sunnites à revenir sur
leur décision de boycotter les élections. "Nous
ne voulons pas qu'on dise que nos frères sunnites ont
pris une position politique de boycotter les élections,
car ceci n'est nullement dans leur intérêt".
Pour
sa part, une formation sunnite, le Front national pour l'union
de l'Irak, a annoncé mercredi sa décision de
se retirer de la course électorale pour protester contre
l'arrestation de son dirigeant par les forces américaines
fin décembre. Elle a indiqué que l'insécurité
avait également motivé son retrait et rappelé
avoir demandé que le scrutin soit repoussé de
six mois.
Dans
ce contexte, le New York Times a appelé mercredi à
un report des élections en Irak, pour permettre à
toutes les composantes du pays d'y participer afin d'éviter
le "pire scénario", une "guerre civile
entre les sunnites et les chiites qui engendrerait l'instabilité
dans tout le Moyen-Orient".
Source
: AFP |