| Soutien
massif du Parlement européen au projet de Constitution
Le
Parlement de Strasbourg a apporté mercredi à
une très large majorité son soutien au projet
de Constitution européenne, au moment où les
Etats membres de l'UE s'apprêtent à des campagnes
de ratification du nouveau texte fondamental de l'Union.
Les
eurodéputés se sont prononcés par 500
voix en faveur du projet de traité constitutionnel
contre 137 et 40 abstentions, soit une majorité de
74% des votants, s'est félicité le président
du Parlement, Josep Borrell. Le vote était nominal.
"C'est un résultat qui dépasse de beaucoup
les espoirs que nous avions. Le Parlement européen,
en tant qu'institution, s'est prononcé aujourd'hui
et s'engage de façon très claire" en faveur
du document, a commenté Josep Borrell.
Il
a relevé que les eurodéputés favorables
au traité constitutionnel pourront désormais
se réclamer de ce vote en faisant campagne dans leurs
pays respectifs en faveur de la ratification du texte.
Le projet de Constitution européenne doit être
ratifié par l'ensemble des 25 Etats membres de l'Union
pour entrer en vigueur.
Les
adversaires les plus résolus du texte ont manifesté
brièvement leur mauvaise humeur à l'issue du
scrutin, en brandissant des pancartes dans l'hémicycle
clamant leur "non" au projet de traité.
Quelques
députés ont pris place ensuite le long des galeries
intérieures du Parlement pour exprimer leur colère.
Des parlementaires des nouveaux pays de l'Union ont agité
un drapeau rouge orné des portraits de Lénine
et de Karl Marx, aux cris de "Bruxelles - Moscou"
ou en chantant encore l'Internationale.
Plus
mesurés dans leur expression, d'élégants
eurodéputés britanniques se contentaient de
déployer en silence, quelques mètres plus loin,
une banderole proclamant l'opposition des Conservateurs britanniques
au projet de Constitution.
La
publication des résultats du vote montre que le "oui"
a été obtenu grâce notamment à
une écrasante majorité des éléments
libéraux, ainsi qu'à une majorité confortable
du groupe socialiste et du Parti Populaire Européen
(PPE), la principale formation du Parlement, de sensibilité
démocrate-chrétienne.
A
noter toutefois que les conservateurs britanniques, rattachés
au PPE en tant que "Démocrates européens",
ont voté contre, avec les députés de
l'UKIP, qui prônent le retrait de la Grande-Bretagne
de l'Union, et les parlementaires de la Gauche unitaire européenne.
Parmi
les délégations des pays ayant rejoint l'UE
au 1er mai dernier, 15 députés tchèques
ont voté contre et 7 seulement pour. Pour la Pologne
également, davantage de députés ont voté
contre la Constitution (19) que pour (15), tandis que 19 autres
s'abstenaient, selon un décompte établi par
les services du Parlement.
Prague
n'a pas encore choisi comment la Constitution serait ratifiée,
par voie référendaire ou par la voie parlementaire.
Varsovie a choisi le référendum mais la date
n'est pas fixée.
Dans
le camp de l'abstention, on retrouve également des
socialistes français, telle Pervenche Berès,
qui s'étaient rangés derrière Laurent
Fabius dans sa campagne du "non" interne au Parti
Socialiste français.
Le
vote du Parlement avait été précédé
mardi d'un débat de plusieurs heures opposant adversaires
et partisans de la Constitution.
"Je
détesterais voir l'Irlande devenir à nouveau
une province", a lancé mercredi la députée
irlandaise Kathy Sinnott, tandis que le Britannique Nigel
Farage, membre de l'UKIP, se déclarait optimiste sur
la possibilité de voir le "non" au référendum
sur la Constitution recueillir 70% de suffrages en Grande-Bretagne.
Mais
les partisans du traité ont insisté sur la nécessité
d'adopter le document qui permettra à l'Union notamment
de s'affermir et de s'affirmer sur la scène internationale.
Source
: AFP |