| Changement
climatique: les petites îles se heurtent aux géants industriels
Les
petites îles, menacées par la montée des
eaux, faisaient pression mercredi à Port-Louis afin
d'obtenir des engagements des pays pollueurs pour limiter
les effets du changement climatique, l'attitude du géant
américain étant dénoncée par le
minuscule atoll de Tuvalu.
L'avenir
des petites îles en développement, très
vulnérables face au réchauffement de la planète,
mais aussi aux catastrophes naturelles et à la mondialisation
de l'économie, est le thème de la réunion
de l'Onu cette semaine dans la capitale de l'île Maurice.
Quelque 110 pays y participent.
"Nous
avons clairement des difficultés avec certains pays
qui refusent d'admettre que le changement de climat est une
réalité", a déclaré à
l'AFP Ian Fry, de la délégation de Tuvalu.
"Les
Etats-Unis principalement nient" cette évolution,
a-t-il ajouté.
Les
Etats-Unis, considérés comme l'un des principaux
pollueurs du monde, n'ont pas signé le protocole de
Kyoto, qui prévoit une réduction des émissions
de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement
de la planète.
Ce
texte, qui impose des réductions à 38 pays industriels,
doit entrer en vigueur le 16 février prochain.
"Nous
souffrons de changement lié à l'intrusion de
l'eau" sur Tuvalu, pays de 26 km2 où habitent
11.000 habitants, a expliqué Ian Fry.
En
février 2004, des vagues géantes de 3 mètres
de haut se sont abattues sur Tuvalu, atoll de l'océan
Pacifique où le point le plus élevé culmine
à 4 mètres.
Les
Maldives, un archipel de quelque 1.200 îles dans l'océan
Indien, sont menacées elles de disparaître dans
un siècle.
"Nous
avons un scénario selon lequel la capitale des Maldives
(Male) pourrait disparaître en 2100", a expliqué
à l'AFP Mohamed Inaz, du ministère de l'Environnement
aux Maldives.
"Nous
sommes les pays qui contribuons le moins à l'émission
des gaz à effet de serre et nous sommes les plus touchés",
s'est-il indigné.
"Au
cours des quinze dernières années, nous avons
connu plus d'ouragans et plus dévastateurs", a
ajouté Byron W. Blake de la délégation
de la Jamaïque, faisant le lien entre ces catastrophes
naturelles et le changement climatique.
"Il
faut réagir avant qu'il ne soit trop tard", a
lancé le représentant permanent des Maldives
à l'Onu, Mohamed Latheef. "Nous souhaiterions
que les plus grands pays industriels qui n'ont pas signé
le protocole de Kyoto le signent", a-t-il expliqué,
reprenant une idée partagée par les petites
îles.
De
fait, les négociations à Maurice, qui doivent
déboucher vendredi sur un texte final sur le développement
durable des petites îles, butaient mercredi sur ce chapitre
précis du changement climatique.
"C'est
le point le plus difficile", a déclaré
à l'AFP une porte-parole de l'Onu, Marie Heuzé.
En
revanche, les pourparlers ont abouti sur le plan commercial,
qui était le deuxième point le plus discuté
du texte qui doit être approuvé vendredi.
Les
délégués se sont entendus sur la "vulnérabilité"
des petites îles, dont le marché est réduit
et l'accès aux grands marchés compliqué
par leur éloignement, selon des sources concordantes.
Le
secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan,
doit s'adresser jeudi à la conférence devant
environ 25 chefs de gouvernement et quelque 2.000 délégués.
Les
petits Etats insulaires en développement (PEID), objet
de la conférence, sont au nombre de 51 et représentent
quelque 55 millions d'habitants. Le groupe des PEID a vu le
jour au début des années 90 pour faire face
aux changements climatiques.
Source
: AFP |