| Iran:
Bruxelles renoue les négociations commerciales avec Téhéran
Les
négociations sur un accord de coopération entre
l'Union européenne et l'Iran vont reprendre mercredi
à Bruxelles, suite à la promesse iranienne de
suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium,
mais Bruxelles conditionne leur progression au respect par
Téhéran de ses engagements politiques.
La
Commission européenne et l'Iran reprendront mercredi
leurs pourparlers en vue d'un accord commercial et de coopération,
après une pause de dix huit mois, a annoncé
mardi la Commission européenne. Ces pourparlers seront
suivis jeudi à Bruxelles de "négociations
liées au dialogue politique et au contre-terrorisme"
qui ont lieu "en parallèle".
Cette
reprise du dialogue était attendue comme contre-partie
de l'engagement de Téhéran de suspendre son
programme d'enrichissement d'uranium et comme moyen de l'inciter
à renoncer définitivement à de telles
activités, susceptibles de lui fournir l'arme atomique.
Cette promesse avait été arrachée par
trois grands pays européens, le Royaume-Uni, la France
et l'Allemagne. Les Etats-Unis se sont montrés jusqu'à
présent très sceptiques sur cet accord.
L'accord
avec le trio européen et la "vérification"
par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA)
du caractère effectif de cette suspension ont permis
la reprise du dialogue, a souligné la Commission. Débutées
en décembre 2002, les négociations UE-Iran avaient
été interrompues en juin 2003, suite au refus
de Téhéran de signer le protocole additionnel
permettant à l'AIEA d'inspecter inopinément
ses installations nucléaires.
"L'Iran
peut espérer avoir une relation plus riche avec l'Union
européenne dans la mesure où la communauté
internationale peut être confiante du fait que son programme
nucléaire n'a pas de visées militaires",
a souligné la commissaire européenne aux Relations
extérieures, Benita Ferrero Waldner. Outre la libéralisation
des échanges, l'accord commercial ouvrirait la voie
à une adhésion de l'Iran à l'Organisation
mondiale du commerce (OMC), estime la Commission, alors que
la candidature de Téhéran, soutenue par l'UE,
bute sur le veto américain.
Téhéran,
qui a vu une nouvelle fois en décembre dernier la porte
de l'OMC se fermer, a appelé les Européens à
la rescousse pour surmonter l'obstruction américaine.
Mais l'UE refuse de lui donner un chèque en blanc.
"Les négociations commerciales seront menées
parallèlement au dialogue politique" et "l'un
ne peut aboutir sans l'autre", a prévenu la Commission
européenne qui négocie au nom de l'UE. L'Europe
pourrait interrompre à tout moment les pourparlers
si l'AIEA "modifiait substantiellement" sa position
concernant le respect par Téhéran de ses engagements
en matière nucléaire, a prévenu une source
communautaire.
Bruxelles
lie comme par le passé les pourparlers à quatre
questions politiques : "le respect par l'Iran des droits
de l'Homme, la sécurité dans la région
du Moyen Orient, la lutte contre le terrorisme et contre les
armes de destruction massive". Alors que Téhéran
souhaite la conclusion rapide de l'accord, Bruxelles ne s'est
engagé sur aucun calendrier précis. A la Commission,
on se contente de souligner que des rencontres entre les deux
parties auront lieu tous les deux mois, ou plus souvent si
nécessaire.
L'accord
devrait permettre "une coopération plus étroite"
en matière d'énergie, de transports, de l'environnement,
du contrôle du trafic de drogue, ainsi que de l'asile
et de l'immigration, souligne Bruxelles. Principale partenaire
commercial de l'Iran, représentant 30% de son commerce
extérieur et 40% de ses importations, l'UE entend faciliter
par cet accord l'accès de son marché aux produits
iraniens et obtenir en échange une baisse des droits
de douanes iraniens sur ses exportations d'équipements
de transports, de machines outils ou de produits chimiques.
Source
: AFP |