| Irak:
mise en place des mesures de sécurité pour le scrutin
Le
gouvernement irakien et ses alliés américains
mettent en place les mesures de sécurité pour
assurer la bonne tenue des élections générales
du 30 janvier dans un pays ensanglanté par la violence,
alors que les appels aux sunnites pour participer au scrutin
se multiplient.
Au
cours des dernières 48 heures, au moins vingt-et-une
personnes et un soldat américain, ont été
tuées dans des actes de violence à travers le
pays.
Le président américain George W. Bush et le
Premier ministre irakien Iyad Allaoui ont discuté "des
préparatifs pour les prochaines élections afin
de s'assurer que la date du 30 janvier fixée par la
commission électorale sera respectée",
a dit le porte-parole de la Maison-Blanche Scott McClellan.
Ils
sont "déterminés à ce que l'élection
se déroule de la meilleure façon possible, avec
la plus forte participation possible. Et, pour cela, nous
travaillons sur les questions de sécurité",
a-t-il ajouté.
Le porte-parole a insisté sur les appels lancés
par M. Allaoui aux sunnites, dont une grande partie est tentée
de boycotter les élections. Selon M. McClellan, M.
Allaoui a dit aux sunnites: "vous avez un rôle
important à jouer dans l'avenir de l'Irak, et le meilleur
moyen est de participer à ce scrutin".
Pour
sa part, le ministre irakien des Affaires étrangères
Hoshyar Zebari, dans une déclaration au journal égyptien
Al Ahram, a réaffirmé que les élections
auraient lieu à la date prévue.
"Les
élections ne seront pas exemplaires, ni organisées
à 100%. Il y aura des problèmes, mais nous pouvons
les organiser parce que la majorité du peuple irakien
le veut", a-t-il souligné.
Le
chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Massoud
Barzani, a appelé les sunnites à revenir sur
leur décision de boycotter les élections. "Nous
ne voulons pas qu'on dise que nos frères sunnites ont
pris une position politique de boycotter les élections,
car ceci n'est nullement dans leur intérêt".
Pour
sa part, une formation sunnite, le Front national pour l'union
de l'Irak, a annoncé mercredi sa décision de
se retirer de la course électorale pour protester contre
l'arrestation de son dirigeant par les forces américaines
fin décembre. Elle a indiqué que l'insécurité
avait également motivé son retrait et rappelé
avoir demandé que le scrutin soit repoussé de
six mois.
Dans
ce contexte, le New York Times a appelé mercredi à
un report des élections en Irak, pour permettre à
toutes les composantes du pays d'y participer afin d'éviter
une "guerre civile".
"Le
moment est venu de parler d'un report des élections",
écrit le quotidien dans un éditorial mettant
en garde le président Bush contre une volonté
de "proclamer la victoire et de commencer à retirer
les troupes américaines" après le scrutin.
"Les
prochaines élections -longtemps présentées
comme le prélude à un nouvel Irak démocratique-
ressemblent de plus en plus au pire scénario",
celui d'une guerre civile entre les sunnites et les chiites
qui engendrerait l'instabilité dans tout le Moyen-Orient"
et dont les "terroristes" tireraient avantage, estime
le journal.
Cependant,
le président intérimaire irakien Ghazi Al-Yaouar
a entamé mercredi une visite officielle en France,
pour "relancer les relations" franco-irakiennes
et remercier la France, qui s'était opposée
à la guerre, de son soutien au processus politique.
"C'est
une visite hautement symbolique. Le président veut
relancer les relations, anciennes et profondes, entre Paris
et Bagdad, et remercier le président Jacques Chirac
pour avoir voté la résolution (1546 du Conseil
de sécurité) transférant la souveraineté
à notre pays", explique-t-on dans l'entourage
du président Al Yaouar. "Nous le remercions aussi
pour l'annulation de 80% de la dette", a-t-on ajouté
de même source.
La
visite de M. Al-Yaouar intervient alors qu'une journaliste
française, Florence Aubenas, du quotidien Libération,
est portée disparue en Irak depuis une semaine avec
son guide irakien.
La
France, qui avait dénoncé la guerre lancée
en mars 2003 par les Etats-Unis sans l'aval de l'Onu, avait
voté en juin 2004 la résolution légitimant
le gouvernement intérimaire désigné par
Washington, et rétabli des relations diplomatiques
complètes avec Bagdad.
Par
ailleurs, la Maison Blanche a confirmé mercredi que
les recherches d'armes de destruction massive (ADM) en Irak
avaient pris fin, même si des équipes d'inspecteurs
américains chargés de les trouver sont encore
sur place.
"C'est
ce que je crois savoir", a indiqué le porte-parole
de la Maison Blanche Scott McLellan, interrogé sur
des informations du Washington Post selon lesquelles les recherches
d'ADM avaient cessé avant Noël.
Il
a précisé que le chef du Groupe des inspecteurs
en Irak (ISG), Charles Duelfer, continuait "de rassembler
tous les éléments et ferait un additif à
son rapport final qui doit être remis le mois prochain",
ajoutant que cela "ne changerait pas fondamentalement
ce qu'il avait dit dans son rapport précédent".
Dans
ce rapport, M. Duelfer avait conclu à l'absence d'ADM
en Irak, contrairement à ce qu'avait affirmé
le gouvernement américain pour justifier l'entrée
en guerre des Etats-Unis contre l'Irak.
Source
: AFP |