Ukraine:
dernier accroc avant l'investiture de Viktor Iouchtchenko
L'ex-Premier
ministre Viktor Ianoukovitch tentait mardi un dernier combat
contre son rival Viktor Iouchtchenko, vainqueur de la présidentielle
en Ukraine, qui ne devrait cependant pas empêcher son
investiture, alors que le dossier du retrait des troupes d'Irak
attend déjà le nouveau président.
Dans
une nouvelle tentative de retarder l'investiture de M. Iouchtchenko
--dont la victoire a été officiellement annoncée
lundi soir par la commission électorale centrale--
M. Ianoukovitch a annoncé qu'il allait saisir la Cour
suprême.
Mardi en fin de journée, la Cour suprême ukrainienne
a en conséquence suspendu la publication des résultats
de l'élection dans la presse officielle dans l'attente
d'un examen de la nouvelle plainte, a rapporté l'agence
Interfax.
Les
résultats annoncés "nous offrent des bases
convaincantes pour porter plainte devant la Cour suprême",
a dit M. Ianoukovitch, menaçant aussi de saisir une
"Cour européenne" en cas de rejet de son
appel par la justice ukrainienne.
Selon Taras Tchornovil, le chef de sa campagne, 800 volumes
de documents seront déposés pour étayer
la plainte et l'équipe aura recours à des avocats
d'un cabinet suisse. Cette plainte doit être déposée
mercredi dans l'après-midi, a indiqué Taras
Tchornovil.
Mais
la démarche de M. Ianoukovitch auprès de la
Cour suprême n'a quasiment aucune chance d'aboutir.
D'autant que toutes ses plaintes précédentes
ont été rejetées.
Et
l'investiture de M. Iouchtchenko, félicité mardi
par l'Organisation pour la sécurité et la coopération
en Europe (OSCE), devrait intervenir ces prochains jours à
une date qui doit être fixée par le Parlement.
Après
une crise qui a paralysé pendant près de trois
mois l'activité politique de ce pays plus grand que
la France, charnière entre l'Union européenne
et la Russie, le nouveau président devra très
vite prendre à bras le corps plusieurs dossiers brûlants.
A commencer par celui de l'Irak.
Le
président sortant Léonid Koutchma a ordonné
lundi la préparation d'un plan de retrait des 1.650
soldats ukrainiens au premier semestre 2005, et le Parlement
a approuvé mardi une résolution appelant le
chef de l'Etat à procéder à un "retrait
immédiat".
Un
consensus semble s'être instauré en Ukraine sur
cette question, d'autant plus après la mort dimanche
de huit soldats ukrainiens en Irak.
M.
Iouchtchenko, pro-occidental, présenté par M.
Ianoukovitch comme une marionnette de Washington, a promis
qu'il retirerait le contingent ukrainien. Mais il s'est vu
adresser lundi une mise en garde voilée des Etats-Unis.
"Nous
attendons que tout changement dans le contingent ukrainien
en Irak se fasse en pleine consultation avec la force multinationale
et de manière graduelle", a déclaré
le porte-parole adjoint du département d'Etat, Adam
Ereli.
Il
a indiqué qu'"il reviendrait au prochain gouvernement
(ukrainien) de prendre une décision sur ce sujet".
M.
Iouchtchenko devra aussi affronter des problèmes intérieurs.
"Il
est clair que la lutte contre la corruption sera sur ce plan
la première tâche" ardue pour le gouvernement
à venir, relève l'analyste politique Olena Skomorochtchenko.
Sur
le plan international, il devra s'attacher à renouer
avec la Russie, qui pendant la campagne a soutenu inconditionnellement
son adversaire Viktor Ianoukovitch.
Les
perspectives des rapports avec l'Union européenne sont
pour leur part nettement plus favorables. Mais l'Ukraine doit
encore "aller vers les normes européennes pour
faire valoir ses droits à entrer dans l'UE", note
Valeriï Tchalyï, spécialiste des relations
internationales au Centre de recherches économiques
et politiques Razoumkov.
Source
: AFP |