| Séisme
en Asie: les pays donateurs réunis à Genève
Les
pays donateurs d'aide aux victimes du tsunami en Asie se retrouvent
mardi à Genève sous l'égide de l'Onu
pour tenter de concrétiser les promesses de dons et
de mieux coordonner l'énorme élan de solidarité
qui a suivi la catastrophe du 26 décembre.
Plus
de 250 représentants des onze pays sinistrés,
des gouvernements donateurs et d'organismes humanitaires seront
présents. La conférence, qui doit débuter
à 14h00 GMT, sera présidée par Jan Egeland,
coordinateur des opérations d'urgence de l'Onu.
L'Onu
attend à cette occasion des pays "qu'ils officialisent
leurs promesses d'aide, qu'ils prennent des engagements concrets
avec des délais précis", a expliqué
Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des
affaires humanitaires de l'Onu. Les Nations unies, dont le
rôle de coordination a été confirmé
jeudi dernier à la conférence de Jakarta, ont
demandé 977 millions de dollars pour venir en aide
à 5 millions de personnes pendant six mois dans les
zones sinistrées.
Jusqu'à
présent, l'Onu a reçu des promesses d'aides
pour un montant total de 2,69 milliards de dollars, soit près
de trois fois cette somme. Mais les donateurs n'ont pas toujours
précisé quand ces montants seront débloqués.
Les organisations humanitaires redoutent une diminution des
versements lorsque les ravages causés par le raz de
marée, qui a fait plus de 156.000 morts, ne feront
plus la une des journaux.
L'ONU
a lancé mardi à Genève un appel à
la communauté internationale pour que l'élan
de générosité qui s'est manifesté
après le tsunami en Asie s'applique aussi aux "20
à 30 millions de personnes" dans le monde qui
"ont désespérément besoin d'aide",
notamment en Afrique. Cet appel a été lancé
devant la presse par Jan Egeland.
Saluant
l'élan de générosité "sans
précédent" qui a suivi le séisme
et les raz-de-marée du 26 décembre en Asie,
M. Egeland a estimé qu'"il devrait être
possible de nourrir les 20 à 30 millions de personnes
qui ont désespérément besoin d'aide"
dans le monde. "Cela n'a jamais été aussi
facile de le faire et, sur cette base, j'espère que
2005 sera la première année où l'appel
de fonds de l'ONU sera souscrit en totalité",
a ajouté M. Egeland.
Les
Nations unies ont lancé fin novembre un appel de fonds
mondial de 1,7 milliard de dollars pour répondre en
2005 à 14 crises humanitaires, dont la plupart sont
qualifiées par l'organisation d'"urgences oubliées"
et qui affectent 26 millions de personnes. Douze de ces crises
frappent l'Afrique.
Selon
le responsable de l'ONU, "l'équivalent d'un tsunami
frappe tous les cinq mois", en termes de victimes, un
pays comme la République démocratique du Congo,
"et cela pourrait être évité".
Il a souligné qu'en 2004 les Nations unies "n'ont
reçu qu'un tiers des sommes qu'elles avaient demandées
pour sauver des vies". "La vie humaine a la même
valeur partout dans le monde et nous devrions faire preuve
de la même générosité quelle que
soit la région concernée", a encore dit
M. Egeland.
Les
Etats-Unis seront représentés à la conférence
par le directeur de l'Agence américaine pour le développement
(USAID) Andrew Natsios et l'Union européenne par le
commissaire européen au Développement Louis
Michel.
La
France envoie son ministre de l'Economie et des Finances Hervé
Gaymard et le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères,
Renaud Muselier. Le Royaume-Uni sera représenté
par le ministre du Développement international, Hilary
Benn, et l'Allemagne par la secrétaire d'Etat aux Affaires
étrangères Kerstin Mueller.
Les
raz-de-marée provoqués par le séisme
du 26 décembre ont fait 157.582 morts et des milliers
de disparus dans les pays riverains de l'océan Indien,
selon un décompte établi mardi à 05h00
GMT à partir des bilans provisoires fournis par les
pays touchés.
Source
: AFP |