| Tsunami:
l'ONU demande aux donateurs de tenir rapidement leurs promesses
L'ONU
a appelé mardi les pays donateurs, réunis à
Genève, à tenir rapidement leurs promesses et
à accélérer le versement de l'aide promise
pour les victimes du tsunami en Asie.
"Nous
avons besoin très rapidement de plus d'argent liquide,
de plus d'engagements concrets pour nous aider à poursuivre
pendant les six prochains mois l'effort massif qui est en
cours", a assuré le coordinateur des opérations
d'urgence de l'ONU, Jan Egeland, à l'ouverture d'une
conférence regroupant 250 représentants des
pays sinistrés, des gouvernements donateurs et d'organismes
humanitaires.
Au
total, les promesses de dons, publics et privés, s'élèvent
pour l'Asie à quelque 10 milliards de dollars, dont
3 milliards d'aide d'urgence formellement notifiés
aux Nations unies. Mais, jusqu'à présent, seuls
300 millions ont "été engagés dans
des actions concrètes sur le terrain", a expliqué
M. Egeland.
Selon
lui, la conférence de Genève, qu'il présidait,
devait aboutir à ce qu'"une grande partie"
de l'appel de fonds de l'ONU pour l'aide d'urgence, soit 977
millions de dollars sur six mois, soit effectivement financé.
Les
Etats-Unis étaient représentés à
la rencontre par le directeur de l'Agence américaine
pour le développement (USAID), Andrew Natsios, et l'Union
européenne par le commissaire européen au Développement,
Louis Michel. La France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne,
entre autres, avaient dépêché des délégations
de niveau ministériel.
L'afflux
de contributions après la tragédie qui a fait
au moins 157.000 morts "montre l'humanité sous
son plus beau jour", a estimé le responsable de
l'ONU.
Il
a néanmoins rappelé que, dans ce genre de catastrophe,
"il y a une disproportion entre les généreuses
promesses et l'argent qui est effectivement versé".
Pour
rassurer les donateurs, l'ONU a annoncé que le cabinet
d'audit américain PricewaterhouseCoopers allait s'occuper
gratuitement du suivi financier des sommes versées,
afin de garantir la transparence et de limiter les risques
de détournement de l'aide dans des pays où la
corruption est endémique, comme l'Indonésie.
Ce
sera aussi pour M. Egeland un moyen de "veiller à
ce que les donateurs honorent leurs engagements".
Les
opérations de secours en Asie se déroulent actuellement
"du mieux possible" et les premières prédictions
pessimistes concernant notamment l'apparition d'épidémies
"pourraient ne pas se réaliser", a estimé
M. Egeland.
Il
a néanmoins souhaité un meilleur effort de coordination,
en particulier pour planifier l'aide à moyen et long
terme.
Mais
l'Onu s'efforce aussi que l'élan de générosité
en faveur de l'Asie ne se fasse pas au détriment d'autres
grandes causes.
Elle
a ainsi réuni mardi matin les pays donateurs pour étudier
un appel de fonds de 1,7 milliard de dollars lancé
en novembre par l'ONU en faveur d'autres urgences humanitaires.
Ils doivent permettre de répondre en 2005 à
14 crises dont beaucoup sont qualifiées par l'ONU d'"urgences
oubliées" et qui affectent 26 millions de personnes.
Douze de ces crises frappent l'Afrique.
M.
Egeland a déploré qu'en 2004 les Nations unies
n'aient reçu "qu'un tiers des sommes qu'elles
avaient demandées pour sauver des vies" sur l'ensemble
de la planète.
"La
vie humaine a la même valeur partout dans le monde et
nous devrions faire preuve de la même générosité
quelle que soit la région concernée", a-t-il
dit.
Il
a donc souhaité que l'élan de générosité
"sans précédent" qui a suivi les raz-de-marée
du 26 décembre s'applique aussi aux "20 à
30 millions de personnes (dans le monde) qui ont désespérément
besoin d'aide".
L'afflux
de contributions après la tragédie, dont le
bilan est au moins de 157.000 morts, "montre l'humanité
sous son plus beau jour", a estimé Jan Egeland.
Source
: AFP |