| Proche-Orient:
élu président, Mahmoud Abbas "tend la main" à Israël
Mahmoud
Abbas, proclamé lundi vainqueur de la présidentielle
palestinienne, a "tendu la main" à Israël
où un gouvernement d'union nationale dirigé
par Ariel Sharon a été approuvé par le
parlement.
"Nous
tendons la main à nos voisins et nous espérons
que la réponse sera positive", a déclaré
M. Abbas en recevant des observateurs internationaux qui ont
surveillé le scrutin présidentiel de dimanche.
"Nous sommes engagés dans le processus de paix
basé sur la Feuille de route", le dernier plan
de paix international, a-t-il ajouté.
Compagnon de route de son prédécesseur Yasser
Arafat, M. Abbas a recueilli 62,32% des voix lors du scrutin
présidentiel de dimanche, le deuxième du genre
dans les territoires palestiniens, devançant largement
son principal rival, l'indépendant Moustapha Barghouthi,
qui obtenu 19,8% des suffrages, selon le résultat officiel
annoncé lundi par la Commission électorale centrale.
M.
Abbas, qui a déjà succédé à
Arafat à la tête de l'Organisation de libération
de la Palestine (OLP), doit prêter serment devant le
parlement dans les tout prochains jours comme nouveau président
de l'Autorité palestinienne. Le président par
intérim du parlement Hassan Khreisheh a dans un premier
temps indiqué que la cérémonie d'investiture
aurait lieu dès mercredi avant d'évoquer un
possible report de "deux ou trois jours".
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Après avoir dédié dimanche sa victoire
à la "mémoire de Yasser Arafat", M.
Abbas a formulé lundi le voeu d'être en mesure
de respecter les promesses qu'il avait faites aux Palestiniens
durant sa campagne électorale. "J'espère
que nous pourrons réaliser tout ce que nous avons dit
à notre peuple pour qu'il puisse vivre dignement et
en sécurité, qu'on puisse bâtir notre
économie (...), parvenir à une paix juste, mettre
fin à l'occupation et résoudre le problème
des réfugiés", a-t-il dit.
La
communauté internationale, notamment Washington, qui
avait marginalisé Arafat, a promptement salué
l'élection de celui que les Palestiniens appellent
Abou Mazen et qui est considéré comme un modéré.
Le président américain George W. Bush s'est
dit prêt à l'inviter à la Maison Blanche
alors que le secrétaire général de l'Onu
Kofi Annan a félicité les Palestiniens pour
leur "engagement en faveur de la démocratie".
A
Jérusalem, le parlement israélien a approuvé
lors d'un vote la constitution d'un nouveau gouvernement dirigé
par Ariel Sharon incluant les travaillistes, censé
mettre en oeuvre le retrait prévu de la bande de Gaza.
Sur 120 députés, 58 se sont prononcés
en faveur de ce nouveau gouvernement, 56 contre et six se
sont abstenus. La victoire de M. Abbas, conjuguée à
la volonté affichée des deux parties de reprendre
le dialogue en sommeil depuis plus de quatre ans, a fait renaître
l'espoir de parvenir à un règlement dans la
région.
La
présidence israélienne du Conseil a d'ores et
déjà fait valoir qu'elle souhaitait une rencontre
avec le nouveau dirigeant palestinien, afin notamment de coordonner
le retrait de la bande de Gaza prévu cette année.
Commentant la victoire de M. Abbas, M. Sharon a estimé
que les Palestiniens devaient à présent se concentrer
sur la lutte contre le "terrorisme". "La question
principale sur laquelle il faut se concentrer maintenant,
après les élections qui se sont tenues hier,
est une action des Palestiniens dans le domaine du terrorisme"
a déclaré M. Sharon, selon un communiqué
de la présidence du Conseil.
"Les
Palestiniens n'ont toujours pas combattu le terrorisme et
les déclarations faites par Abou Mazen (sur cette question)
lors de sa campagne ne sont pas encourageantes", a-t-il
déclaré. "Toutefois, il sera jugé
sur ses actes après les élections. Il sera jugé
sur la façon dont il combattra le terrorisme et démantèlera
ses infrastructures", a-t-il poursuivi.
Source
: AFP |