| La
mise en place d'un système global d'alerte aux tsunamis se concrétise
La
création d'un système global d'alerte aux tsunamis,
pour éviter la catastrophe du 26 décembre dans
l'Océan indien qui a fait plus de 150.000 morts, se
concrétise, avec l'Unesco qui s'est dite "prête",
mardi à Port-Louis, à coordonner sa mise en
place.
L'Unesco,
organisme de l'Onu à l'origine du seul centre régional
d'alerte aux tsunamis, basé à Hawaï depuis
1968, "est prêt à transmettre son expérience
et son expertise pour mettre en place un système global
d'alerte", selon un communiqué.
L'organisation
des Nations unies pour l'éducation, la science et la
culture (Unesco) doit présenter une stratégie
dans ce sens mercredi à l'île Maurice, où
se tient cette semaine une conférence de l'Onu sur
les petites îles, particulièrement vulnérables
aux catastrophes naturelles.
Si
un tel système d'alerte avait existé dans l'Océan
indien, des dizaines de milliers de vie auraient pu être
sauvées le 26 décembre, selon plusieurs experts.
"L'idée
d'un système global d'alerte est née à
Djakarta", lors d'un sommet exceptionnel de la communauté
internationale la semaine dernière, a expliqué
mardi Soobasschandra Chacowry, haut responsable de l'organisation
météorologique mondiale (OMM), interrogé
par l'AFP à Port-Louis.
Et
aujourd'hui "l'Unesco prend les choses en main",
s'est-il réjouit.
"Les
choses évoluent très rapidement", a aussi
estimé Julian Barbière de la Commission océanographique
intergouvernementale (OIC), un organe de l'Unesco.
"Aujourd'hui
même, les bailleurs de fonds qui sont prêts à
financer un tel système se réunissent à
Genève", a-t-il souligné.
Aucun
chiffre sur le coût d'un tel système n'était
disponible à Port-Louis. Toutefois, "le coût
sera négligeable par rapport aux bénéfices",
a affirmé Michel Jarraud, secrétaire général
de l'OMM, lors d'une conférence de presse à
l'île Maurice.
Plusieurs
pays ont déjà annoncé leur volonté
de mettre en place des systèmes d'alerte régionaux
ou nationaux, destinés à prévenir la
population de l'imminence d'un tsunami.
Mais,
comme le souligne Soobasschandra Chacowry, "chacun ne
pourra pas faire son centre, ça n'aurait pas de sens".
"Les pays sont complètement interdépendants
pour les tsunamis. L'Inde a besoin des informations de l'Indonésie",
a-t-il expliqué.
Selon
plusieurs spécialistes, comme Laura Kong, directrice
du centre international d'information des tsunamis, basé
à Honolulu (Hawaï), "le modèle du
système régional existant dans le Pacifique
doit être utilisé pour le reste du monde".
Ce
système, auquel participent 26 pays, repose sur un
recueil de données scientifiques et un réseau
d'information de la population, via notamment les médias.
Quelques
minutes seulement s'écoulent entre le séisme
et l'alerte aux tsunamis.
"Aujourd'hui,
il y a une très forte volonté de la part des
gouvernements et des organisations pour qu'une telle catastrophe
(comme celle du 26 décembre), ne se reproduise pas",
a assuré Laura Kong.
"Il
faut saisir cette occasion" pour installer un système
d'alerte global, qui reposerait sur plusieurs centres régionaux
comme celui d'Honolulu, a-t-elle lancé.
La
conférence mondiale des Nations unies sur les désastres,
qui doit se tenir la semaine prochaine à Kobé
(Japon), devrait d'ailleurs se pencher sur la question.
"On
devrait y étudier les modalités techniques du
système global d'alerte, comme la mise en place de
marégraphes", qui permettent de détecter
le niveau des marées, selon Julian Barbière.
Source
: AFP |