| Les
chercheurs à nouveau dans les rues vendredi
Chercheurs,
le retour. Leurs organisations syndicales appellent à
manifester vendredi dans toute la France pour exiger que les
promesses faites à l'issue du mouvement de l'année
2004 soient tenues, et dénoncer les grandes lignes
de l'avant-projet de loi Fillon d'Aubert pour la Recherche
publique qui, selon les syndicats, ne tient aucun compte des
propositions des chercheurs.
Des
rassemblements et des défilés sont prévus
vendredi un peu partout en France. A Paris, les protestataires
se rassembleront en début d'après-midi devant
la faculté de Jussieu, puis défileront jusqu'aux
abords du ministère de l'Education nationale et de
l'hôtel Matignon.
Les
syndicats attendent essentiellement une forte participation
à la manifestation parisienne qui empruntera quasiment
le même itinéraire que celle du 29 janvier 2004
qui avait donnée le coup d'envoi, dans la rue, de l'important
mouvement de contestation sociale des chercheurs l'année
dernière.
Ce
mouvement, visant à obtenir plus de moyens et marqué
par la démission symbolique de quelque 2.000 directeurs
de laboratoires le 9 mars 2004, avait fait l'objet d'un accord
entre le gouvernement et les chercheurs le 7 avril. Le gouvernement
avait notamment octroyé aux chercheurs la titularisation,
en contrats à durée indéterminée,
de 550 jeunes chercheurs, et la création de 1.000 postes.
"A
la suite de l'accord intervenu le 7 avril avec François
Fillon, le ministre avait dit 'je vous les donne si vous entamez
un projet de réforme" a déclaré
jeudi à l'Associated Press Jacques Fossey, porte-parole
du Syndicat national des chercheurs scientifiques-FSU (SNCS-FSU).
"C'est en ce sens que ce sont tenus les Etats-Généraux
de la Rercherche en octobre à Grenoble, avec la parution
d'un livre blanc contenant de nombreuses propositions des
chercheurs" rappelle-t-il.
Et
selon lui, "la surprise a été forte de
voir que les propositions gouvernementales pour la loi sont
d'un point de vue quantitatif bien inférieures aux
demandes de Grenoble, mais surtout que la philosophe générale
de la loi est opposée aux demandes de Grenoble".
Selon
M. Fossey, les chercheurs "voulaient redonner un espace
de liberté à la recherche publique, et on a
une loi dont la principale caractéristique est de mettre
la recherche et les chercheurs à la disposition des
entreprises".
"Sur
le plan quantitatif, nous demandions la création de
25.000 postes d'ici à 2010 et on nous en propose 6.500.
Nous proposions un milliard pour la recherche publique, le
gouvernement en prévoit 500 millions, et l'effort proposé
ne permettra pas d'atteindre les 3% du PIB d'ici 2010 consacrés
à la recherche, ce qui est pourtant une promesse gouvernementale".
Et
si le gouvernement ne revoit pas sa copie, les chercheurs
ont prévu, avec la journée d'action de vendredi,
de donner le coup d'envoi d'un mois "d'agitation"
pour obtenir l'ouverture d'un "Grenelle de la Recherche",
avec un nouveau "temps fort de mobilisation nationale"
d'ores et déjà prévu le 9 mars, date
anniversaire des démissions des directeurs de laboratoires.
Source
: AFP |