| Enquête
préliminaire sur les violences anti-françaises en Côte d'Ivoire
Le
parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire
après avoir enregistré 136 plaintes de Français
rapatriés de Côte d'Ivoire à la suite
des violences qui ont secoué le pays en novembre 2004.
Cette
enquête, ouverte lundi, a été confiée
à la section de recherches de la gendarmerie de Paris.
Elle devrait prendre plusieurs mois et vise à préparer
l'ouverture d'une information judiciaire, a précisé
jeudi le parquet de Paris, confirmant une information du Figaro.
Au
total, 136 plaintes ont été déposées
par des Français rapatriés de Côte d'Ivoire
au parquet de Paris qui a centralisé l'ensemble des
procédures au plan national.
Parmi
elles, trois concernent des viols et une, une tentative de
viol et de meurtre sur une même personne. Le reste des
plaintes portent sur des pillages, des vols en réunion,
des dégradations perpétrées contre des
résidences de particuliers, des locaux commerciaux
ou des écoles, a-t-on précisé de même
source.
La
majorité des plaintes ont été enregistrées
à Roissy par les membres d'une cellule judicaire du
tribunal de Bobigny dont la compétence couvre l'aéroport
international où les Français rapatriés
de Côte d'Ivoire ont débarqué.
Les
autres, déposées ultérieurement partout
en France, ont été centralisées à
Paris.
Plus
de 8.000 Français ont quitté la Côte d'Ivoire
après ces événements.
Les
faits incriminés concernent des exactions commises
au cours du week-end des 6 et 7 novembre 2004 pour l'essentiel
à Abidjan. Les témoins et victimes ont décrit
des bandes organisées, supposées appartenir
aux Jeunes Patriotes proches du président Laurent Gbagbo,
qui s'attaquaient à des cibles françaises.
Après
ces journées d'émeute, des sources militaires
de la force française Licorne basée en Côte
d'Ivoire avait laissé entendre que de nombreux viols
avaient été commis, avançant le chiffre
de "plusieurs dizaines".
"Les
gendarmes vont entendre l'ensemble des victimes pour préciser
les circonstances des faits, les qualifier juridiquement et
évaluer les préjudices", a expliqué
le parquet.
"Il
s'agira aussi pour les enquêteurs de tenter d'établir
le profil des auteurs des faits en recoupant les témoignages,
d'établir précisément quels quartiers
d'Abidjan ont été touchés, et, si nécessaire,
de faire procéder à des expertises psychologiques
ou médicales des victimes de viols", a-t-on précisé
de même source.
"C'est
un gros travail de défrichage", a expliqué
le parquet qui exclut, pour l'heure, que des gendarmes se
rendent à Abidjan pour enquêter.
Source
: AFP |