| Une
campagne pour convaincre les jeunes que le cannabis n'est pas
leur ami Une
campagne sur le cannabis va tenter de convaincre les jeunes
Français, gros consommateurs de haschisch, qu'en fumer
peut avoir des conséquences néfastes sur leur
vie, selon ses concepteurs.
Le
ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy doit présenter
mercredi à la presse six films, huit spots radio et
des encarts pour la presse écrite, autour desquels
s'articulera la campagne, confiée par l'Institut national
de prévention et d'éducation pour la santé
(Inpes) à l'agence parisienne Leg.
Selon
un de ses concepteurs, l'idée est d'"informer
sans diaboliser", et de dénoncer non "la
consommation de cannabis" en général, mais
son "usage problématique" par une frange
des fumeurs.
Cette
notion, défendue par les professionnels, a longtemps
été combattue par les pouvoirs publics car,
selon un médecin, "elle suppose implicitement
qu'il peut y avoir un usage non problématique".
"Je
ne sais pas si elle sera réussie, mais cette campagne
s'est donné les moyens de sortir du débat idéologique
dans lequel est enfermé le cannabis en France",
se félicite le psychiatre Jean-Michel Delille, qui
anime un service spécialisé à Bordeaux
et a été consulté lors de la préparation
de la campagne.
Les
messages concernent exclusivement les conséquences
sanitaires et sociales de l'usage de cannabis. Le ministère
de l'Intérieur et la mission interministérielle
de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) préparent
cependant une autre campagne, prévue fin 2005 ou début
2006, sur "l'aspect répressif, avec un rappel
de l'interdit et des sanctions encourues, et un volet sur
l'économie souterraine" générée
par le trafic, selon des sources ministérielles.
Les
films diffusés à partir du 8 février,
opposent à l'imagerie positive qu'ont la plupart des
jeunes du cannabis, des témoignages, dits par des comédiens
mais qui sont "réels", assure un concepteur
de la campagne.
A
la conviction qu'"Avec le cannabis, on se sent super
bien", un acteur oppose, face à la caméra,
une expérience de "bad trip", racontant nausées
et idées noires. Les difficultés d'apprentissage
et l'échec scolaire sont narrés dans deux spots,
répondant à l'assertion selon laquelle "Avec
le cannabis, on comprend tout".
Deux
autres témoignages contredisent l'idée qu'"Avec
le cannabis, on se fait plein d'amis", tandis qu'un sixième
traite de la dépendance en s'inscrivant en faux contre
l'affirmation selon laquelle "Le cannabis, c'est pas
vraiment une drogue".
"C'est
une campagne difficile, avec la nécessité d'éviter
d'un côté l'écueil de la +dramatisation+,
et de l'autre celui du +Fumer, c'est pas grave+", explique
un concepteur de la campagne pour justifier la fadeur du slogan
générique ("Le cannabis, c'est une réalité").
La
volonté de ne pas diaboliser explique aussi l'absence
de certains thèmes comme le cancer ou la schizophrénie:
"Pour des jeunes, cela reste abstrait, lointain. Il fallait
rester dans le concret, dans des expériences qui leur
parlent", explique cette source.
Autre
sujet absent, le cannabis au volant. C'est pourtant "le
risque n°1 pour les jeunes", regrette le Dr Delille.
Les
spots radio et télé, comme les encarts de presse
écrite, renvoient à un numéro (0 811
91 20 20). Les animateurs qui répondront disposent
d'une liste des 250 centres où les consommateurs de
cannabis peuvent recevoir soins et conseils.
Parallèlement,
des brochures ont été éditées:
l'une à destination des parents, l'autre des jeunes,
tandis qu'un "Guide à l'arrêt", inspiré
d'une expérience australienne, a été
préparé pour les professionnels.
Source
: AFP |