| Chirac
entame mercredi une visite de quatre jours au Sénégal et au
Congo Jacques
Chirac entame mercredi une visite de trois jours au Sénégal
visant à conforter une relation privilégiée
avec ce pays de l'Afrique francophone "à la tradition
démocratique très forte", qu'il poursuivra
par un déplacement d'une journée à Brazzaville
pour un sommet sur la préservation de la forêt
des pays du bassin du fleuve Congo.
Il
s'agit de la première visite depuis 1995 du président
français au Sénégal, une ancienne colonie
française indépendante depuis 1960, avec lequel
Paris entretient des relations d'une "densité
exceptionnelle depuis 300 ans", selon l'Elysée.
Dans
un entretien à l'AFP, le président sénégalais
Abdoulaye Wade a affirmé qu'il n'attendait pas de cette
visite une "assistance matérielle et financière"
supplémentaire mais plutôt la réaffirmation
d'"une marque d'intérêt, de considération
et d'amitié entre deux peuples qui ont construit leur
histoire ensemble".
Le
porte-parole de l'Elysée, Jérôme Bonnafont,
présentant cette visite, a lui aussi insisté
sur l'étroitesse des liens politiques, économiques
et humains entre les deux pays.
Avec
quelque 27.000 Français vivant au Sénégal,
ce pays de 10 millions d'habitants, "à la tradition
démocratique très forte", selon l'Elysée,
est aujourd'hui le principal point d'appui de la France en
Afrique de l'Ouest après que la Côte d'Ivoire
a sombré dans la tourmente.
Le
Sénégal, où les premiers Français
se sont établis au milieu du 17e siècle, est
le premier bénéficiaire de l'aide publique française
au développement en Afrique sub-saharienne avec 106
millions d'euros.
La
France est également le premier partenaire commercial
du Sénégal (1er fournisseur et 2e client) et
quelque 250 entreprises françaises y sont implantées.
M. Chirac sera accompagné d'une quinzaine de chefs
d'entreprises, dont le Pdg de France Telecom, Thierry Breton,
ainsi que deux ministres (Agriculture, Coopération).
M.
Chirac recevra un "accueil populaire" lors de son
arrivée mercredi à Dakar puis aura ses premiers
entretiens avec M. Wade qui devraient être dominés
par les dossiers régionaux, le maintien de la paix
en Afrique et le développement, le Sénégal
étant très actif dans ces domaines.
Le
président français devrait expliquer à
son homologue sénégalais son idée de
taxation internationale pour financer le développement
et lui demander de s'en faire l'avocat auprès de ses
pairs africains, a indiqué M. Bonnafont.
Jeudi,
Jacques Chirac se rendra à Saint-Louis, l'ancienne
capitale de l'Afrique occidentale française (AOF),
à 270 km au nord de Dakar.
De
retour dans la capitale, il rendra visite au 23e Bataillon
d'Infanterie de Marine (Bima), qui compte 650 hommes et a
envoyé un peloton blindé en Côte d'Ivoire
lors des violences anti-françaises à la fin
de l'année dernière.
Vendredi,
Jacques Chirac participera au forum international dit "Dakar
Agricole" qui, à l'initiative du président
Wade, vise à "réduire la fracture agricole
mondiale".
Le
président français se rendra ensuite à
Brazzaville, capitale du Congo, où il participera samedi
à un Sommet sur les forêts d'Afrique centrale,
d'une superficie de 2,3 millions d'hectares, un immense réservoir
de bio-diversité menacé par une déforestation
sauvage.
L'objectif
du sommet, selon l'Elysée, est de parvenir à
adopter un plan d'action sur un mode de gestion durable de
ces forêts. Mais, jusqu'à présent, pays
riches et pays africains se sont opposés sur le mode
de financement du projet, les premiers préférant
passer par des ONG et les seconds par un fonds géré
par leurs soins.
A
Brazzaville, où il ne s'était pas rendu depuis
1996, M. Chirac aura également des entretiens politiques
avec le président congolais Denis Sassou Nguesso.
Source
: AFP |