| Attentat
contre Emile Zuccarelli: six personnes devant les assises mercredi
Six
proches des milieux nationalistes corses comparaissent à
partir de mercredi et jusqu'au 15 février devant la
cour d'assises spéciale de Paris pour une tentative
d'attentat contre le maire de Bastia, Emile Zuccarelli le
24 mars 2002.
Gérard
Cianelli, 49 ans, médecin à Bastia, et Hervé
Santelli, un antiquaire de 30 ans, considérés
comme les organisateurs de la tentative et actuellement détenus,
sont renvoyés avec Jean-Toussaint Bernardini, Benjamin
Masclef, Jean-François Semeria et Stéphane Vincent,
qui comparaîtront libres.
Ils
seront jugés pour "tentative de destruction du
bien d'autrui en bande organisée par un moyen dangereux
pour les personnes et association de malfaiteurs en relation
avec une entreprise terroriste". Pour ce crime, chacun
des accusés encourt une peine de 30 ans de réclusion
criminelle.
Deux
femmes, compagnes de deux membres du commando, avaient également
été renvoyées devant les assises pour
le délit connexe d'association de malfaiteurs en relation
avec une entreprise terroriste mais la chambre de l'instruction
de la cour d'appel de Paris a estimé, le 29 octobre
2003, qu'il n'existait pas de charges suffisantes contre elles.
Le
maire de Bastia interviendra en tant que témoin et
partie civile, devant la cour d'assises spéciale --
composée de 7 magistrats professionnels -- qui sera
présidée par Didier Wacogne.
Une
charge évaluée à 250 grammes de gel explosif
avait été découverte par des policiers
le 24 mars 2002 vers 01H00 devant la porte de l'appartement
de M. Zuccarelli, membre du Parti radical de gauche (PRG),
dans le centre de Bastia. Des voisins avaient donné
l'alerte après avoir croisé, dans la cage d'escalier,
trois hommes cagoulés et armés qui les avaient
brièvement menacés avant de prendre la fuite.
D'après
les enquêteurs, cette charge aurait pu entraîner
des dommages considérables, alors que M. Zuccarelli
se trouvait chez lui. L'un des deux détonateurs pyrotechniques
avait éclaté sans amorcer l'explosif, probablement
à cause d'une défaillance.
La
tentative d'attentat intervenait quelques jours après
la visite houleuse en Corse de Jean-Pierre Chevènement
que soutenait M. Zuccarelli pour le premier tour de l'élection
présidentielle.
Lors
de leurs auditions devant les enquêteurs et le juge
d'instruction, plusieurs membres du groupe avaient indiqué
que, selon eux, un natif de l'île ne pouvait être
hostile au processus de Matignon qui confère plus d'autonomie
à la Corse et auquel s'opposait M. Chevènement.
Le
maire de Bastia et ancien ministre de la Fonction publique
avait déjà été visé en
1996 par un attentat revendiqué par le FLNC-canal historique.
Le 28 octobre de cette année-là, l'explosion
d'une charge de 300 grammes avait projeté la porte
de son ancien logement à l'intérieur de l'appartement.
Plus
récemment, en octobre 2004, l'une des maisons de M.
Zuccarelli a également été la cible d'un
attentat dans le petit village de Santa-Lucia-di-Mercurio,
près de Corte (Haute-Corse).
Source
: AFP |