| Filières
irakiennes: projets d'attentats en France, selon le parquet
de Paris Les
personnes mises en examen dans le cadre de l'enquête
sur le départ de combattants français en Irak
auraient projeté de commettre des attentats en France
contre des intérêts nationaux ou étrangers,
a précisé vendredi le parquet de Paris dans
un communiqué.
Ce
réseau "aurait fomenté des projets d'attentats
sur le territoire national contre des intérêts
français ou étrangers", a indiqué
le parquet sans donner de plus amples précisions.
Farid
Benyettoun, 23 ans, et Thamer Bouchnak, 22 ans, ont été
mis en examen vendredi par les juges d'instruction en charge
de ce dossier pour "association de malfaiteurs en relation
avec une entreprise terroriste". Une troisième
personne doit être présentée samedi à
un juge d'instruction en vue de sa mise en examen.
Les
deux hommes ont été placés en détention
provisoire par le juge des libertés et de la détention.
Le parquet avait pris des réquisitions de mandat de
dépôt.
Selon
des enquêteurs, tempérant les assertions du parquet
de Paris, les deux hommes mis en examen vendredi auraient
évoqué, lors de discussions, la possibilité
d'"actions violentes" en France sans pour autant
définir de cibles précises, encore moins de
planifier une action.
Farid
Benyettoun est considéré par les enquêteurs
comme le "recruteur" du réseau démantelé,
tandis que les deux autres sont des volontaires qui s'apprêtaient
à partir en Irak pour rejoindre les djihadistes, souligne-t-on
de sources judiciaires.
Aucun
explosif n'a été retrouvé à la
suite de l'interpellation de onze personnes lundi et mercredi
en région parisienne. Huit ont été relâchées.
Farid Benyettoun et Thamer Bouchnak ne sont pas poursuivis
pour détention d'explosif. Selon un policier, ces interpellations
auraient "cassé la filière".
L'objectif
de cette filière était d'envoyer des combattants
en Irak, selon un enquêteur. Celui-ci précise
qu'au moins sept individus, dont les trois Français
retrouvés morts ces derniers mois en Irak, seraient
passés par ce réseau pour aller combattre les
troupes de la coalition qui a renversé le régime
de Saddam Hussein.
Les
corps d'au moins trois Français ont été
découverts en Irak. C'est à partir de leur entourage
que les enquêteurs de la Direction de la surveillance
du territoire (DST) ont commencé à démanteler
en France les "filières irakiennes". Ces
jeunes islamistes radicaux fréquentaient une mosquée
de la rue de Tanger dans le XIXe arrondissement de Paris,
selon des sources proches de l'enquête.
Selon
une source judiciaire, certains des membres de ce réseau
étaient volontaires pour mourir en martyr en Irak.
Abdelhalim Badjoudj, 18 ans, s'est fait exploser avec une
voiture bourrée d'explosifs le 20 octobre dernier sur
la route de l'aéroport de Bagdad au passage d'une patrouille
américaine. Deux soldats américains et deux
policiers irakiens avaient été blessés.
Le
corps de Redouane el-Hakim, 19 ans, a été retrouvé
le 17 juillet après une attaque des troupes américaines
contre une planque d'insurgés à Falloujah, tandis
que Tarek Ouinis, âgé d'une vingtaine d'années,
est mort le 17 septembre après un séjour de
plusieurs mois dans le "triangle sunnite".
Le
frère aîné de Redouane el-Hakim, Boubaker,
est actuellement détenu en Syrie où il a été
arrêté en août dernier alors qu'il tentait
de passer en Irak, selon des sources judiciaires.
Si
le phénomène de djihadistes partis de France
pour rejoindre l'Irak est difficile à chiffrer, les
services spécialisés estiment qu'ils ne sont
pas plus d'une dizaine, indique-t-on de sources judiciaires.
En Allemagne et en Italie, de véritables filières
de recrutement ont en revanche été mises au
jour.
Source
: AP |