| Drame
du tunnel du Mont-Blanc: le récit du drame
Il
est 11h30 ce 24 mars 1999 lorsque le camion du routier belge
Gilbert Degrave, un Volvo FH12, transportant huit tonnes de
margarine et douze tonnes de farine prend feu au kilomètre
6,7 en plein milieu du tunnel du Mont-Blanc. L'incident passe
d'abord inaperçu puisqu'il n'y "a pas de victime"
selon les premières informations de la société
d'exploitation.
Une
fumée opaque et une chaleur intense empêchent
cependant d'approcher. Trois jours plus tard, lorsque la température
aura baissé et que les fumées se seront dissipées,
les premières équipes de secours découvrent
un spectacle dramatique: 34 véhicules ont été
pris au piège. Dans les carcasses fondues 39 personnes
ont péri intoxiquées et carbonisées.
Malgré
le premier discours rassurant de la direction du tunnel, les
pompiers comprennent très vite l'ampleur de l'incendie.
Leur première équipe d'intervention de sept
hommes est bloquée dans le tube. Deux pompiers lancent
un appel à l'aide. Ils n'ont qu'un masque respiratoire
pour deux. L'un d'eux ne s'en sort d'ailleurs pas.
Immédiatement,
le préfet de Haute-Savoie déclenche le Plan
Rouge (secours à un grand nombre de victimes) et des
renforts arrivent des départements voisins, d'Italie
et de Suisse. Rémy Chardon, le président de
la société française du tunnel, réaffirme:
"Le tunnel est sûr".
Après
plus de quatre heures d'efforts, les pompiers prisonniers
sont extraits du tube. A l'intérieur, la visibilité
ne dépasse pas les 20 à 30 centimètres.
La température à 800m du camion en feu est de
120 degrés, raconte le colonel Jean-Guy Laurent, commandant
les pompiers. Un immense panache de fumée noire et
toxique s'échappe des conduits de ventilation situés
sur les flancs du Mont-Blanc.
Jean-Claude
Gayssot, alors ministre de l'Equipement et des Transports,
arrive dans la nuit. Les visages sont graves. A la mairie
de Chamonix, en préfecture, les appels téléphoniques
de familles inquiètes de ne pas avoir de nouvelles
de proches qui devaient emprunter l'ouvrage affluent. Dès
le 25 mars, les autorités font état de cinq,
puis sept et enfin neuf disparus.
Malgré
des moyens considérables, les pompiers ne parviennent
pas à maîtriser le sinistre. Dans la soirée,
Rémy Chardon cite une fourchette de 25 à 30
victimes possibles. Il évoque désormais une
douzaine de véhicules pris au piège, dont l'un
pourrait transporter des produits chimiques.
Ce
n'est finalement que le 26 au soir, trois jours après
le début de l'incendie, que les secours parviennent
après avoir refroidi le tube à explorer une
zone restée inaccessible de 800m derrière le
camion belge. C'est là qu'ils découvrent l'ampleur
de la catastrophe.
Source
: AP |