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chômage se stabilise en 2004, mais frôle toujours les 10%
Le
chômage s'est stabilisé en 2004 après
trois années consécutives de hausse, mais il
touche toujours près de 10% de la population active,
un niveau élevé que le Premier ministre s'est
engagé à ramener à 9% en 2005.
En
2004, le nombre de demandeurs d'emplois de catégorie
1 (immédiatement disponibles à la recherche
d'un emploi à durée indéterminée
et à temps plein, qui sert de référence)
a très faiblement reculé de 0,1%, soit 3.330
chômeurs de moins sur l'année.
Le
nombre de chômeurs s'établissait ainsi à
2.444.200 fin décembre, selon les statistiques du ministère
de la Cohésion sociale publiées vendredi.
Le
taux de chômage au sens du Bureau international du travail
(BIT), calculé différemment, est lui aussi resté
inchangé, à 9,9% de la population active.
L'évolution
du chômage en décembre a suivi la même
tendance, avec une baisse de 0,2% par rapport à novembre,
représentant 4.700 demandeurs d'emplois de moins.
Malgré
cette légère embellie, le ministre de la Cohésion
sociale s'est gardé vendredi de tout triomphalisme.
"Ce
résultat, loin d'être satisfaisant, est encourageant"
puisqu'il fait suite à "trois années consécutives
de hausse", a estimé Jean-Louis Borloo dans un
entretien à la Tribune.
"C'est
un petit mieux. Ce qui me préoccupe, c'est le chômage
des jeunes, qui, lui, ne s'est pas amélioré",
a-t-il précisé sur France Inter.
La
stabilisation constatée en 2004 masque en effet de
fortes disparités entre les différentes catégories
de chômeurs.
Si
le chômage des hommes a baissé de 1,0%, celui
des femmes s'est accru de 0,8%, tout comme celui des chômeurs
ayant exercé des petits boulots, dont le nombre a progressé
de 1,6%.
Le
chômage des jeunes est lui aussi en hausse de 2,2%,
tandis que celui des plus de 50 ans recule de 2,3%.
Le
chômage de longue durée (chômeurs inscrits
depuis plus d'un an à l'ANPE) progresse également
de 3,1%, de même que celui de très longue durée
(plus de trois ans), qui augmente de 2,5%.
Malgré
ces résultats en demi-teinte, le Premier ministre Jean-Pierre
Raffarin a confirmé mi-janvier son objectif de faire
baisser le taux de chômage "d'environ un point"
par an à compter de 2005, le ramenant ainsi à
9% dès cette année.
"Le
rythme de croissance actuel nous permet d'envisager pour 2005
la création de 150.000 emplois salariés, auxquels
s'ajoutent 200.000 créations d'entreprises, les 185.000
contrats d'avenir institués par la loi de cohésion
sociale et bien d'autres initiatives", a-t-il expliqué.
Mais
cet objectif continue de susciter un certain scepticisme,
l'Insee prévoyant de son côté une décrue
modérée du chômage pour les six prochains
mois, avec un taux qui s'établirait encore à
9,7% fin juin.
Le
directeur général de l'ANPE, Michel Bernard,
s'est ainsi déclaré "optimiste" sur
la réalisation de cette baisse, "mais à
moyen terme plutôt qu'à court terme" et
"à deux conditions: que la croissance augmente
au moins de 2,5% et que toutes les mesures qui ont été
prévues par le plan de cohésion sociale soient
effectivement mises en oeuvre, notamment la création
de 250.000 contrats aidés", a-t-il estimé
jeudi sur LCI.
Une
analyse en droite ligne avec celle de Jean-Louis Borloo, qui
compte lui aussi sur son plan pour faire reculer le chômage
mais s'inscrit dans une perspective longue.
"Je
n'ai aucune inquiétude sur la réussite totale
de ce plan sur cinq ans, avec une réussite très
très significative sur les trois ans", a-t-il
assuré au début du mois.
Source
: AFP |