| Arcelor:
l'accord sur les 35 heures menacé par le droit d'opposition
L'accord
sur les 35 heures chez le géant sidérurgique
Arcelor, signé par trois syndicats minoritaires, est
dénoncé par les deux syndicats majoritaires
(CGT et CFDT) qui y voient une "régression sociale"
et pourraient exercer ensemble leur droit d'opposition pour
l'annuler.
Après
huit réunions de négociation, la direction avait
accordé aux syndicats un "délai de réflexion"
pour signer le projet d'accord sur les 35 heures, délai
qui a expiré vendredi à 14h00.
Trois
syndicats minoritaires (CFE-CGC, CFTC et FO) ont décidé
de parapher le texte baptisé "Arcelor Horizon
2008", qui contient un "nouveau dispositif social
pour les années à venir", pour les les
28.000 salariés français du groupe, explique
la direction dans un communiqué.
Ce
nouvel accord "remplace le précédent dispositif"
sur les 35 heures venu à échéance le
31 décembre 2004, et qui avait été signé
par quatre syndicats en 1999.
L'accord
de 1999 avait été décliné dans
chaque site et, selon la direction, certains sites étaient
de fait à moins de 35 heures.
Vendredi,
la CGT, premier syndicat du groupe avec environ 45% de voix,
a annoncé qu'elle allait, "quoiqu'il arrive, déposer
son droit d'opposition" avant le 7 février, en
espérant que la CFDT, avec qui elle représente
plus de 70% des voix, la rejoigne dans sa décision.
Si
tel était le cas, l'accord deviendrait caduc, en vertu
de la loi Fillon sur le dialogue social. La CFDT doit prendre
sa décision lundi.
"Notre
but est que la direction rouvre des négociations",
a expliqué Marc Barthel, représentant national
CGT, qui voit dans le nouvel accord une "régression
sociale sans précédent" puisqu'il "allonge
la durée du travail sans augmenter les salaires".
Selon
la direction, "les 35 heures restent payées 39
et les salariés d'Arcelor garderont leur niveau de
salaire", mais avec "une organisation du travail
plus réactive et plus adaptée aux variations
de l'activité du groupe".
L'accord
prévoit également "la poursuite de l'organisation
modulée du travail (durant) l'année afin d'éviter
de recourir au chômage partiel en cas de forte baisse
d'activité", poursuit-elle.
Le
compte-épargne-temps est maintenu, "avec des possibilités
de transformer le temps en argent", ajoute la direction.
Pour
FO, l'accord permettra le maintien de "l'horaire annuel
à 1.596 heures", tandis que la CFTC a salué
"la conversion en argent des droits épargnés
au compte-épargne-temps".
La
CGT affirme que les salariés vont en fait perdre jusqu'à
"10 jours de RTT par an, par le biais d'un calcul différent
des horaires journaliers".
"De
plus, la direction ne calcule plus que le temps de travail
effectif, alors qu'avant elle prenait en compte aussi les
temps d'habillage, de pause, etc.", explique ainsi Philippe
Perrier, délégué CGT du site d'Ugitech
en Savoie.
Le
fait de placer les jours RTT sur un "compte-épargne-temps
collectif" va permettre selon lui à l'employeur
de "décider quand le salarié pourra prendre
ses jours", en fonction des périodes d'activité
hautes ou basses.
Enfin,
les salariés "ne gagneront pas plus car les jours
supplémentaires seront placés sur le compte-épargne-temps
au lieu d'être payés en heures supplémentaires",
a ajouté M. Barthel.
Si
l'accord s'applique, "cela va faire disparaître
des acquis de longue date dans la sidérurgie, contribuant
à dégrader les conditions de travail dans le
secteur", a affirmé pour sa part Alain Audier,
délégué CGT à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
Source
: AFP |