| Alliot-Marie
hostile à la discrimination positive
La
ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie,
est opposée à la "discrimination positive,
car c'est encore une discrimination". Elle préfère
que le maximum soit entrepris dès l'école: "La
lutte contre les difficultés d'intégration,
elle commence à l'école", a-t-elle déclaré
à l'agence Associated Press.
Au
détour de cet entretien exclusif accordé jeudi
soir, Mme Alliot-Marie mentionnera un livre qu'elle rédige
actuellement et dans lequel elle évoquera ces questions.
Prônée
par Nicolas Sarkozy, la discrimination positive est la transposition
en français de l'"affirmative action" américaine,
consistant à favoriser la promotion sociale des classes
exclues pour des raisons sociales, ethniques ou raciales en
leur réservant obligatoirement un minimum de postes.
"Je
suis contre la discrimination positive. Mais, en revanche,
je suis pour que l'on s'adresse à tout le monde. La
discrimination positive, c'est encore une discrimination.
C'est-à-dire que l'on met les gens à part. On
les montre du doigt et donc on lutte en même temps contre
leur capacité d'intégration totale", explique
la ministre de la Défense.
Cela
ne signifie pas qu'il ne faille pas faire preuve de volontarisme,
ajoute en substance Michèle Alliot-Marie qui évoque
son expérience passée en tant que secrétaire
d'Etat à l'Enseignement sous Jacques Chirac Premier
ministre: "Il faut donner aux enfants les conditions
d'avoir une égalité de chances."
"Il
faut reconnaître qu'il y a des enfants qui, pour des
raisons diverses, ont des difficultés à apprendre.
Il leur faut plus de temps que les autres. Il faut pouvoir,
en les prenant en petits groupes, avec un enseignant en plus
des heures de classe, les mettre systématiquement à
niveau. J'avais fait cette expérience en 1987-88 sur
350.000 élèves." Et selon des responsables
de ces enseignements, indique-t-elle, "ça a eu
un effet formidable", l'idée étant "reprise
dans la nouvelle loi de François Fillon sur l'école".
Mme
Alliot-Marie, qui recevait l'agence AP dans son bureau au
ministère, estime "important de recréer
dans la société française une vraie mobilité,
comme on le fait aujourd'hui dans les armées. Quelqu'un
qui rentre comme simple soldat, s'il en a les capacités
et la possibilité, pourra finir général."
Toutefois,
concède-t-elle, "il ne s'agit pas de calquer le
modèle militaire sur l'ensemble de la société,
mais je pense qu'il faut s'inspirer de ça. Je suis
en train de finir un livre dans lequel je préconise
que nous réutilisions la formation permanente dans
les administrations et dans la société pour
vraiment en faire un élément de promotion sociale
et donc de mobilité sociale."
Le
terrorisme ne se nourrit-il pas d'un tel blocage, de la panne
de ce qu'il est convenu d'appeler "l'ascenseur social"?
"Nous
avons un problème d'intégration, qui n'est pas
forcément lui-même à la source du terrorisme
mais qui lui sert de prétexte", répond
Michèle Alliot-Marie. "Je pense qu'aujourd'hui,
le terrorisme essaie d'exploiter toutes les frustrations de
la société et présente à ceux
qui veulent lutter contre cette frustration la possibilité
d'agir sous forme terroriste. Ne faisons pas de confusion
mais, bien entendu, il faut lutter contre tout ce qui est
absence d'intégration."
Source
: AP |