| Sarkozy:
en politique, il n'y a pas de fatalité
Immigration,
35 heures, politique salariale: Nicolas Sarkozy a démarré
jeudi sur les chapeaux de roues son tour de France des régions,
en commençant par le Nord-Pas-de-Calais où il
a développé ses idées, répétant
qu'en politique, il n'y n'a "pas de fatalité".
"On
peut changer les choses", a martelé le président
de l'UMP au début de sa visite de trois jours dans
le nord de la France qui avait des airs de campagne de terrain
d'un candidat potentiel à la présidentielle.
Du reste, l'ancien ministre de l'Economie n'a nullement dissimulé
ses ambitions. "Je veux devenir chef", a-t-il lâché
lors d'une rencontre avec des salariés.
Ancien
ministre de l'Intérieur, il a tenu à marquer
un arrêt à Sangatte. Dans cette petite ville
du Calaisis, il a fait fermer en décembre 2002 un centre
de la Croix Rouge pour migrants. Pendant trois années,
le centre avait accueilli environ 50.000 personnes, Afghans
et Kurdes principalement, désireuses de rejoindre la
Grande-Bretagne.
"Ce
centre était un scandale, à la fois pour les
migrants qui y étaient entassés et pour les
habitants de Sangatte. On m'avait dit +ne mets pas les pieds
à Sangatte, tu ne pourras rien y faire+ mais "il
n'y a pas de fatalité" sur la question de l'immigration,
a-t-il souligné dans la salle de la mairie socialiste.
M.
Sarkozy y a développé ses arguments en faveur
d'une "politique des quotas" appliquée à
l'immigration, qui présente, selon lui, "quatre
intérêts".
Une
telle politique "obligerait le Parlement à débattre
chaque année de la politique d'immigration. Elle permettrait
également, "par la publicité internationale
qui lui serait donnée, d'attirer des personnes qualifiées".
Elle
offrirait la possibilité de mettre en place une filière
d'immigration "positive" et de lutter contre l'immigration
clandestine. Enfin, elle permettrait de lutter contre les
filières criminelles d'immigration.
"Une
politique de l'immigration, c'est une vision pour la France
pour les 20 prochaines années", a déclaré
M. Sarkozy, qui a également plaidé pour la mise
en place d'un "fichier de demandeurs de visas avec empreintes
digitales".
Autres
chevaux de bataille de M. Sarkozy, qui travaille actuellement
sur le projet de l'UMP pour 2007: les 35 heures, les petits
salaires, le RMI. L'occasion lui a été donnée
de développer tous ces thèmes lors d'une visite,
en milieu de journée, dans une entreprise de transformation
des produits de la mer, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
"Il
faut récompenser mieux le travail. C'est l'un des problèmes
actuellement en France", a-t-il dit devant des employés
payés entre une fois et une fois et demie le SMIC,
en encourageant ceux qui veulent gagner plus à faire
des heures supplémentaires.
M.
Sarkozy a préconisé l'allègement des
charges sociales sur ces heures supplémentaires, via
l'instauration d'un forfait, afin de permettre aux entreprises
de mieux payer leurs employés.
Au
cours d'un échange avec les salariés, un jeune
homme l'a interpellé sur les RMIstes qui ont "des
droits que n'ont pas les smicards".
"Il
ne s'agit pas de remettre en cause le RMI car c'est le modèle
social français, mais en contrepartie les RMIstes doivent
avoir l'obligation d'accepter le travail qu'on leur propose
ou de s'engager dans une formation", a estimé
M. Sarkozy.
Puis
le président de l'UMP a demandé au jeune homme
son statut: "je suis assistant-chef", a-t-il répondu.
"Moi aussi, lui a lancé Nicolas Sarkozy, et comme
vous, je veux devenir chef. Dans tous les métiers,
c'est comme ça"...
Source
: AFP |