| Présidentielle:
les pions commencent à bouger sur l'échiquier socialiste
A
un peu plus de deux ans de l'échéance, les présidentiables
socialistes ou leurs partisans commencent à pousser
leurs pions dans la perspective de la bataille pour l'investiture
par le parti, prévue au plus tôt fin 2006.
Jack
Lang a quasiment fait lundi acte de candidature à la
candidature, un lieutenant de François Hollande voit
le premier secrétaire porter les couleurs du PS en
2007, Laurent Fabius réunit samedi près de Paris
six cents élus et cadres tandis que d'autres verraient
d'un très bon oeil le retour de Lionel Jospin.
Initialement
envisagée pour début 2006, l'élection
du candidat du PS n'aura pourtant sans doute pas lieu avant
la fin 2006, voire le début 2007, selon un haut dirigeant
du parti.
Mais
l'absence de "candidat naturel", comme en 2002 avec
Lionel Jospin, et l'enchaînement de victoires électorales
au printemps dernier face à un gouvernement impopulaire
aiguisent les appétits.
"Ils
sont persuadés qu'on va gagner en 2007", soupire
un responsable d'un courant minoritaire du parti en désignant
la rue de Solférino, siège du PS.
Depuis
le net succès du Oui au référendum interne
au parti sur la Constitution européenne, François
Hollande et Lionel Jospin sont les noms le plus souvent cités.
Le
premier secrétaire, qui ne s'exclut pas de la compétition,
entretient à plaisir l'ambiguïté sur ses
intentions et l'exercice vaudra jusqu'en 2006. Si ce Corrézien
d'adoption doit "régler un compte avec Jacques
Chirac", il lui faudra aller "voir à l'étage
supérieur", disent ses proches. Sous-entendu,
à l'Elysée.
A
leurs yeux, depuis l'instauration du quinquennat, les Français
aspirent à être représentés par
"un homme proche d'eux" plutôt que par une
figure tutélaire.
Ca
tombe bien: François Hollande est décrit par
tous comme "sympathique", le contraire de la grosse
tête. Mais il ne convainc pas encore les Français,
à en croire les sondages.
Jeudi,
l'homme sur lequel il s'appuie dans l'appareil du PS, le numéro
3 François Rebsamen, a déclaré dans Le
Parisien: "Pour moi, en 2007, c'est Hollande". "Ce
n'est pas le déclenchement d'une opération pro-Hollande"
mais un avatar d'une communication mal maîtrisée,
a assuré Julien Dray, un autre proche.
Tel
n'est pas l'avis d'un autre responsable de la majorité
qui parle d'"un forcing des +hollandais+".
Lionel
Jospin ne nourrit plus d'ambition élyséenne,
selon ses amis, mais il est rentré dans le jeu à
coups d'interventions répétées et toutes
les enquêtes le placent en tête du hit-parade
des candidats socialistes, y compris parmi les électeurs
socialistes.
"Une
frustration demeure, car les Français ont été
privés du match Chirac-Jospin en 2002" au profit
d'un duel Chirac-Le Pen, estime Manuel Valls, son ancien porte-parole
à Matignon.
Pourtant,
"les conditions politiques d'une candidature ne sont
pas réunies aujourd'hui", commente un très
proche et ancien ministre.
Revient
souvent l'idée que Hollande s'effacerait volontiers
au profit de Jospin si ses propres chances de battre la droite
en 2007 étaient compromises. Le maire de Paris Bertrand
Delanoë se dit "partant" pour soutenir l'ex-chef
de la "gauche plurielle".
Dominique
Strauss-Kahn, lui, n'a pas renoncé à se trouver
"en position d'être celui qui peut faire gagner
les socialistes" tandis que Jack Lang est allé
plus loin, en déclarant sur TF1 faire "partie
des personnalités qui pourraient remplir les conditions"
d'une victoire de la gauche en 2007.
Reste
Laurent Fabius, désormais handicapé par la défaite
du Non au référendum interne sur l'Europe, mais
qui compte sur "le courage de ses convictions" et
son image d'homme d'Etat.
Source
: AFP |