| Polémique
sur le temps de travail des policiers
Fainéants
les policiers ? Une polémique récurrente sur
le temps de travail des fonctionnaires de police a éclaté
jeudi avec la publication d'une enquête du Figaro, suscitant
un tollé parmi les syndicats et place Beauvau.
Dans
son édition de jeudi, le Figaro a publié une
enquête sur les mains courantes informatisées
(MCI) dans les commissariats de laquelle il ressortirait que
les policiers travailleraient seulement 27 heures par semaine
en moyenne.
"Je suis fier de vous", a assuré jeudi aux
policiers le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin,
qui s'en est pris à une "campagne malveillante".
"Vous
pouvez compter sur moi pour rétablir la vérité
des faits", a ajouté le ministre, invité
dans la soirée de l'émission "100 minutes
pour convaincre", sur France 2.
Le
temps réel de travail des policiers a déjà
suscité dans le passé plusieurs polémiques
et toutes mettaient en évidence qu'ils assurent moins
d'heures que les autres salariés, privé ou public.
Ainsi
est posé le problème de la présence policière
sur le terrain, que l'enquête du Figaro soulève
également.
Le
directeur général de la police nationale Michel
Gaudin a jugé jeudi "inexact, injuste et malveillant"
de prétendre que les policiers ne travailleraient que
27 heures par semaine.
Il
a rappelé que la MCI n'était installée
depuis un an que "très partiellement", à
titre expérimental, et a souligné que seules
les missions de voie publique y étaient mentionnées.
Pas celles "d'investigation, de renseignement, de police
technique et scientifique par exemple".
M.
Gaudin a également relevé que, sur le calcul
des 27 heures, n'avait pas été pris en compte
le fait que les heures de nuit, de dimanche et de jours fériés
sont comptabilisées comme des heures ordinaires.
En
2004, "il y a eu 9.000 policiers blessés en service,
soit 10% de l'effectif de policiers en service actif"
(hors personnels techniques et administratifs), a par ailleurs
rappelé M. Gaudin.
Dans
une unanimité inhabituelle, les syndicats, du commissaire
au gardien de la paix en passant par les officiers, ont exprimé
leur indignation.
Certains,
tels Alliance et Synergie-Officiers, ont relevé que
cette polémique éclatait alors que des arbitrages
financiers concernant des corps et catégories de policiers
doivent être rendus prochainement.
D'autres,
comme le Syndicat national des officiers de police (SNOP),
se sont demandé s'il ne s'agissait pas d'un "ballon
d'essai" pour de "futures mesures" qu'annoncerait
M. de Villepin.
L'UNSA-police
a organisé jeudi après-midi un "rassemblement"
auquel ont participé quelques dizaines de policiers
devant le siège du Figaro, pour dénoncer "la
manipulation politicienne que constitue l'article du Figaro".
"Je
trouve dommage qu'on remette en cause ce que M. de Villepin
est en train de mettre en place", a ainsi déclaré
le secrétaire général de l'UNSA-police
Joaquin Masanet.
Plusieurs
syndicalistes ont estimé encore que ce débat
surgissait en pleine bataille pour la présidentielle
au sein de la majorité.
"Dans
la police actuellement", a dit un responsable syndical,
"on est pro ou anti-Sarkozy", patron de l'UMP et
bouillonnant prédécesseur de M. de Villepin.
"Les
nominations se font dans cet esprit, les décisions
aussi, en fonction de ce qu'a fait ou dit l'un et ce que fera
ou dira l'autre", a-t-il ajouté. "Les tirs
fusent de partout, le climat est pourri à deux ans
seulement de la présidentielle".
Source
: AFP |