| SNCM:
le PDG annonce 210 suppressions d'emplois, dont 95 CDI
Le
PDG de la SNCM (Société nationale Corse Méditerranée),
Bruno Vergobbi, a annoncé jeudi à Marseille
que le plan de redressement de la compagnie publique prévoyait
210 suppressions d'emplois, dont 95 postes en CDI, et la cession
d'actifs, dont un navire assurant la liaison Nice-Corse.
De
leur côté, les syndicats auxquels l'Etat a refusé
jeudi soir la tenue d'une table ronde sur l'avenir de la compagnie
ont indiqué que le personnel se prononcera vendredi
matin en assemblée générale sur "un
éventuel mouvement social".
"Le
plan sur lequel a travaillé la direction porte sur
210 suppressions d'emplois en équivalent temps plein,
dont 95 emplois permanents CDI", a déclaré
M. Vergobbi lors d'une conférence de presse au siège
de la SNCM, au lendemain d'un comité d'entreprise extraordinaire
qui avait été suspendu et reporté au
9 février.
"Ces
départs se feront sans licenciements, sur la base du
volontariat et à travers des départs en retraite",
a précisé le PDG.
Au
lendemain de l'annonce par le secrétaire d'Etat aux
Transports et à la mer, François Goulard, que
le gouvernement allait "rechercher un opérateur
industriel" susceptible de venir en aide à la
SNCM, M. Vergobbi a confirmé la recherche d'"un
ou plusieurs partenaires privés pour recapitaliser
l'entreprise".
"Ce
partenaire, a-t-il précisé, souhaitera peut-être
que l'Etat reste très largement présent, à
moins que son approche ne soit contraire".
"L'optique,
a-t-il cependant dit, est de maintenir l'unicité de
la compagnie".
Il
a rejeté l'idée d'une entrée de la compagnie
privée concurrente Corsica Ferries: "Nous recherchons
un partenaire qui nous paraisse fiable, qui au niveau de ses
structures financières soit d'une transparence qu'on
n'a pas chez Corsica et ait des banquiers reconnus sur la
place financière", a-t-il dit.
La
SNCM entend également procéder à des
cessions d'actifs non stratégiques, dont l'Asco, un
Navire à Grande Vitesse (NGV), assurant les laisons
Nice-Corse. Elle va aussi céder sa participation dans
la compagnie Sud-Cargo, aujourd'hui détenue à
50/50 avec le groupe Bolloré.
La
direction a également confirmé des pertes "d'environ
28 MEUR" pour 2004, des chiffres contestés par
les syndicats, qui avancent le montant de 10 MEUR de déficit
"structurel".
Le
plan de suppression d'emplois a été "effleuré"
"mais sans entrer dans les détails", durant
le CEE, suspendu dans la nuit de mercredi à jeudi,
a indiqué à l'AFP Guy Barbolini, délégué
FO.
Pour
sa part, Gérard Marty, secrétaire du CE n'a
"pas souhaité commenter le plan de suppressions
d'emplois, car le PDG, a-t-il expliqué, n'est pas allé
jusqu'à donner le nombre d'emplois en cause" lors
du CE.
"Il
est hors de question que l'information circule à l'extérieur
avant que les salariés n'en soient informés",
a ajouté M. Marty, précisant que les syndicats
vont intenter une action pour "délit d'entrave"
au fonctionnement du CE.
Les
syndicats souhaitent que soit étudiée une contre-proposition,
portant sur l'entrée au capital de la SNCM des collectivités,
notamment des régions Corse et Provence-Alpes-Côte
d'Azur.
Ils
réclamaient à cet effet la tenue d'une table-ronde
entre Etat, direction et salariés. Par l'intermédiaire
de la direction, l'Etat a fait part jeudi soir de son refus
d'organiser cette table-rode.
"Nous
allons discuter ce soir entre syndicats de l'attitude à
tenir. Mais demain, tout est possible, y compris un appel
à mouvement social", a indiqué M. Marty.
Source
: AFP |